LE MARI A
mon frère!., si tu savais. [Elle voit les autres et s'arrête ) Ah !
M"'* d'aigueperse. Qu'y a-t-il, mademoiselle ? Est-ce qu'on entre ainsi dans un salon ? Ne vo\ez-vous pas monsieur Mathieu?
PAULINE , après avoir fait la révérence. Pardon , madame , c'est qu'il y a là quelqu'un... une personne... qui demande mon frère !
COLOMBET. Moi?
URSULE. Mon mari?
M"'" d'aigueperse. Et c'est vous qui l'avez reçue?
PAULINE. Non , madame. François vous apportait la carte que ce jeune homme lui a remise.
MATHIEU. C'est un jeune homme?
PAULINE. Oui, monsieur.... un jeune homme... l'ami de mon frère.
Ursule prend la carte au passage.
M"" d'aigueperse. Vous le connaissez?
PAULINE. Ohl beaucoup, ma tante.
URSULE, lisant la carte. César Poligny.
coLOMBET. César! Il se pourrait! {A François, qui attend au fond.) Fais entrer!
FRANÇOIS, à Ursule. Le faut-il, madame?
URSULE, d madame d' Àigueperse. Ma mère?
Mme d'Aigueperse regarde Mathieu.
COLOMBET. Sans doute ! c'est un ami d'enfance. Vous savez , Ursule , ce jeune homme dont je vous ai souvent parlé, si gai! si aimable ?
URSULE. Ah! oui, si mauvais sujet!
COLOMBET. Voilà deux ans qu'il est parti pour voyager. Deux ans que je ne l'ai vu. Quelle joie. {À François.) Va donc, imbécile!
FRANÇOIS. Madame?
M"* d'aigueperse, après wn signe affirmatifdeM. Mathieu. Qu'il entre!
PAULINE. Oh! que je suis contente! Je vais le revoir ! Je vais...
M""' d'aigueperse. Vous allez rentrer dans votre chambre, où vous attendrez qu'on vous appelle. [Pauline veut parler. — Elle ajoute sévèrement.) Allez. .. [A Ursule.) Et vous, ma fille, à notre ouvrage. Une faut jamais qu'un étranger nous trouve inoccupées.
MATHIEU. L'essentiel est de donner de soi une bonne opinion.
Les dames s'asseyent et travaillent; M. Mathieu, assis à la table, semble occupé de la circulaire. Pauline •ort lentement, en faisant quelques signes de reproches ■ «on frère, qui ne la retient pas.