SCÈNE V
COLOMBET, JUSTINE, LAPIERRE, puis CÉSAR.
coLOMRtT, à part. Qu'est-ce que cela signifie? {Haut.) Ah! petite, écoute-moi un peu.
JUSTINE. Monsieur, je n'ai pas le temps de rire.
COLOMBRT. Reste... Il paraît que tu as des idée»?
JUSTINE. Dam! monsieur... souvent.
COLOMBET. Et tu en as donné une à ta maîtresse ?
JUSTINE. C'est possible: je donne quelquefois aux riches.
COLO.MBLT. Et cette idée, quelle est-elle ? voyons...
JUSTINE. Dam! je ne sais pas trop... à moins que ce ne soit ce que je lui disais, là, tout à Iheure, quand vous êtes arrivé.
COLOMBET. Quoi donc?
JUSTINE. Eh bien ! que madame et vous... vous et madame vous vous conveniez si bien, que vous pourriez vous marier.
COLOMBET. Hein? et ma femme?... oh!
JUSTINE. Vous dites?
COLOMBET. Quoi?
JUSTINE. Vous avez dit ma femme.
COLOMBET. Eh bien, oui, je dis madame de Nohan, ta maîtresse, serait ma femme?
JUSTINE. Voilà... c'est mon idée.
COLOMBET. Elle est joUe ton idée, je t'en fais mon compliment.
JUSTINE. Comment? est-ce qu'elle ne vous convient pas?
COLOMBET. Si, et pour ta peine, tiens...
Il l'embrasse au moment où César parait au fond.
JUSTINE. Dam! monsieur.... c'est aussi ma fête!
Joseph entre pour annoncer.
COLOMBET. Que le diable t'emporte! (Sans voir (,é$ar.) Joseph, mon garçon, dix bouteilles de Champagne.... et du meilleur... bien frappé surtout. [Apercevant César.) Eh! César... mon cher César! mais arrive donc! je l'attends. {A Joseph et à Justine. ) Allez, mes enfants, allez... vous avez chacun votre affaire. Ah I Justine, dis à Georges de mettre un couvert de plus, et le nom de monsieur Poligny à la droite de la maîtresse de la maison!... {A César.) Une femme charmante, tu verras; moi, je suis à sa gauche, côté du cœur... [Aux domestiques.) Allez.
ils sortent.