EDMOND, PAULINE, CESAR
PAULINE. Edmond!
EDMOND. Ma chère Pauline ! Enûn je vous revois!...
PAULINE. Vrai! c'est vous!... c'est bien vous! mon Dieu! qu'il y a longtemps...
EDMOND. Oh ! moi, je vous vois, quand vous sortez... caché derrière un pilier de l'église, où je vous suis tous les jours!...
PAULINE. Là, voyez-vous? et l'on dit qu'il n'a pas de principes !...
ED.MOND. Et vous m'aimez encore!... malgré le neveu de monsieur Mathieu?...
PAULINE. Je crois au contraire que c'est à cause de lui ! Mai.s vous ne craignez pas qu'on vous chasse de celte maison?...
EDMOND Moi, craindre... quand jesuis près devons!., il n'y a rien queje ne brave... rien,
CÉSAR. Voici madame d'Aigueperse!
PAULINE et EDMOND. Ah !
Us veulent fuir , César les retient.
CÉSAR *. Eh non, restez, mon brave! et de peur d'une nouvelle alerte, dites-moi bien vite ce que vous avez fait.
ED.MOND. Vos ordres ont été ponctuellement exécutés, vos lettres remises dès hier... Tout sera prêt en moins d'une heure, et vous aurez ici le plus joli petit bal.
PAULiNE.Un bal! mais c'est donc bien vrail
CÉSAR. Est-ce que vous doutez encore malgré mes promesses?
PAULINE. Non... ohl non... je crois tout... vous avez si bien commencé.
EDMOND. Vous me devez la première contredanse!
PAULINE. Je vous les dois toutes...
CÉSAR. Mais le glacier?...
EDMOND. Il sera exact.
CÉSAR. L'orchestre?
EDMOND. Le même qui nous a fait danser cette nuit chez madame de Nohan!
PAULINE. Danser!... Comment, monsieur, vous dansiez?... loin de moi!... quand j'étais si malheureuse?...
EDMOND. Oh ! je dansais de désespoir. . en pensant à vous.
' Edmond, César, Paulin».
LE MARI A LA CAMPAGNE
ctsAR. Cela ne pouvait pas vous faire de mal, et cela le consolait. Kl madame de Noh;iii, vous l'avez revue?...
J:i).>iOND. Oui... Ah ! j'oubliais... voici sa réponse.
CÉSAR. Eh! donnez donc!
Il l'ouvre et la parcourt vivement , pendant qu'Edmond continue.
EDMONo. En courant chez elle, j'ai rencontré Colombet furieux, désespéré... Elle avait refusé de le recevoir,
PAULINE. Mon fr ère !
CÉSAR, lisant. Oui, je vois, c'est bien... c'est très-bien! Elle tiendra sa promesse, si je liens la mienne! C'est moins facile... mais je la tiendrai, ou j'y perdrai mon nom de César.
EDMOND. Colombet veut s'échapper ce soir pour la retrouver chez madanie Lépinet.
CÉSAR. Non, de par tous les diables!...
PAULINE, effrayée en le voyant entrer. Ah! mon Dieu !...
Les Mêmes, URSULE*.
URSULE. Mais non... je n'attends rien... ni Pauline non plus. Ah! monsieur, Edmond.
EDMOND. Madame... pardon... mais j'ai osé espérer... c'est monsieur César...
CÉSAR. Vous voyez, madame... l'amitié me ramène... et lui, quelque chose de plus, je crois. . .
URSULE. Monsieur...
CÉSAR. Ne craignez rien... Il faut que je vous parle... que je vous parle de votre mari.
URSULE**. Démon mari.. .Pauline... voyez donc là... on apporte pour vous des cartons. ..
PAULINE. Pour moi?.,.
CÉSAR, bas. C'est votre toilette de bal!... (il Edmond.) Vous, mon jeune ami , vous savez qu'il me faut des danseurs!...
EDMOND. Soyez tranquille,., vous ,n*en manquerez pas!.,. Adieu, mademoiselle,., à ce soir.,.
PAULINE. A ce soir... mol je veux bien.
URSi'Li: , les regardant sortir. Que dit-il?
Eiiinond sort par le fond , Pauline par la droite.