SCENE yiu
3IARTE , seu/e.
Il sort.... il ne s'explique pas I oh '. mon Dieu! et cette lettre !... quel trouble s'empare de moi ! . . . ma mère ! . . . ( Elle uwre la lettre et lit. ) « Mon enfant , toi que j'aime » et qui ne me connaîtras pas, que l'ame » de ta mère communique au moins à la n tienne une de ses pensées ; reçois démon i> cœur , qui va cesser de battre , cette ten- .. dresse pour ton père qui fut mon seul » bonheur en ce monde. J'étais pauvre , -> sans parens , abandonnée , il me recueil- » lit!... il y a dans son cœur des tré.sors » de dévouement et d'affection qui valent » plus que les richesses qu'il me donna , et ). ce que je regrette en mourant , c'est la » dette de reconnaissance et d'amour que » je te laisse à acquitter envers lui!... Mais, .. je t'en supplie, ma fille, que ce der- » nier vœu de ta mère soit religieusement « accompli!... Tout pour le bonheur de » celui à qui je dus tout le mien ! et les bé- » nédictions de ta inère descendront pour » toi du ciel, où je vais prier pour vous » deux. Ta mère. » {Elle baise- la lettre et essuie u/ie larme.) Ma pauvre mère!...
(Elle reste silencieuse et pensive.)
SCEINE IX.
MARIE, CHARLES
CHARLES. 0 ciel! iMarie, que viens-je d'apprendre?..-.
MARIE. Quoi donc?
CHARLES. J'étais là, attendant votre père avec impatience , car c'était de notre mariage qu'il devait me parler... eh bieni il n'en parle pas.
MARIE. Comment?
CHARLES. Je veux l'interroger, mais il semble ne pas m'entendre et me dit : Un riche mariage s'ofiie pour ma fille , qui la mettrait dans une position très-brillante...
MARIE. Un mariage?...
CHARLES. Votre père ajoute , il est vrai , que j'ai sa parole, que vous êtes libre, et que rien au monde ne le déciderait à forcer votre consentement ; mais il voudrait vous voir heureuse, répète-t-il , et...
MARIE Eh bien?
CHARLES. Et moi qui n'ai rien...
MARIE. Rien?... et mon amour, Charles?...
CHARLES. Ah ! je respire!... mon -cœur était si troublé... je ne sais quel effroi s'était emparé de moi; je suis venu tremblant, désespéré....
MARIE , d'un ton de reproche. Ah !...
CHARLES. Pardon, Marie... ma vie dépend de vous...
MARIE. Des soupçons?... Quand on s'aime comme nous et qu'on s'est dit : Toujours!...
CHARLES. Oh! oui... toujours!...