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SCÈNE XI

CLÉRAMBEAU, redescendant à gauche, M.

SAINT-GERAN, EMMERIC.

DE

M. DE SAINT-GERAN.

Parlez!.. Que me voulez-vous?

CLÉRAMBEAU, avec émotioH.

Je voulais vous rappeler... mon ami... qu'en me demandant ma (ille pour mon neveu, vous vous êtes rendu sa caution... Vous m'avez juré, ainsi que lui, et sur l'honneur, que désormais

* Hector, Aline, M. de Saint-Geran, Clérambeau, Emmeric.

il n'y aurait dans sa conduite aucun mystère... aucune intrigue... aucune relation... de nature il compromettre le bonheur de mon enfant... c'est à cette seule condition que j'ai consenti... vous le savez!

M. DE SAINT-GERAN.

Certainement!.. Et oii voulez-vous en venir?

CLÉRAMCEAU.

A ceci, mon ami... qu'il ne faut ni vous (étonner ni m'en vouloir si je retire ma parole...

M. DESAINT-GEUAN.

Y pensez-vous ?

EMMERIC.

Et pourquoi ? de grâce !..

CLÉliAMlîKAl'.

Il ose le demander... quand tout à l'heure, ici même... chez moi... dans la maison de sa liancée, il a reçu en secret une lemnie... (Traversant le iliéâire.) qui est cachée là, dans cet appartement?

EMMERIC, se mettant devant Clerambeau qui veut y entrer.

Monsieur...

(M. de Saint-Geran se trouve à l'extréraité k gauche, r.lérambeauau milieu, Emmeric à droite.)

CLERAMBEAU, à M. de Saint Geran.

Et la preuve, c'est qu'il refuse de m'y laisser entrer!..

EMMERIC , avec impatience.

Parce que... parce que, malgré Taffectiou et le respect que je vous porte... je ne veux pas, iiprès mon mariage... me voir en butte à une inquisition... à des soupçons sans cesse renaissans... et le moyen de s'y opposer plus tard est de commencer dès le premier jour...

M. DE SAINT-GERAN,

Cela me paraît assez juste.

CLERAMBEAU.

Mais cependant cette robe que j'ai aperçue...

EMMEftlC, troulilé.

C'est possible... Mais je vous répète que la femme qui a traversé cet appartement est une personne que j'ai à peine entrevue... une femme de la maison...

CLERAMBEAU, voulant entrer dans l'appartement à droi le.

Alors, voyons...

EMMERIC, se mettant devant lui.

C'est-à-dire que vous n'en croyez pas ma parole... et que déjà votre défiance...

CLERAMBEAU.

Je ne me défie de personne... mais j'aime mieux voir par moi-même...

EMMERIC.

Et voilà ce qui m'offense... voilà ce que je ne

souOi-irai pas...

M. DE SAINT-GERAV, souriant.

Ne vous fâchez pas, mes amis. Moi, qui suis

désintéressé dans la question... si vous voulez

me prendre pour juge...

tMMERic, vivement, s'élançant au-devant de lui, se ;rouve entre M. de Saint-Geran, qui est à gauche, et Clerambeau, qui est à droiie du spectateur. ) Non pas... non, Monsieur!..

M. DE SAINT-GERVN, étonné.

Et pourquoi donc?..

EMMERIC, troublé, et regardant toujours Clerambeau qui se dirige vers la porte à droite. Parce qu'il douterait même de vous... il ne vous croirait pas... Il ne croit à rien... M. DE SAINT-GERAN, souriant et allant s'asseoir sur le fauteuil à gauche.

C'est juste !

EMMERIC, regardant Clerambeau d'un air suppliant.

Pas même à mon honneur !

CLERAMBEAU, qui se dirigeait vers la porte du cabinet à droite, s'arrête un instant, indtcis et étonné.

En vérité... je ne sois plus si je dois... (Emmeric fait un geste de Joie.) Non, ma foi !.. (11 s'élance dans l'appartement à droite. Emmeric reste accablé et ne sort de son désespoir qu'à la de voix M. de de Saint-Geran.)

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