‹ Magasin théâtralChapitre 937 sur 1475 · ALINE, HECTOR · texte numérisé non relu

ALINE, HECTOR

HECTOR

Oui, Mademoiselle, j'ai fait votre commission, et en sortant de table j'ai couru de votre part chez M"* Victoria Giraut, que j'ai invitée pour ce soir.

ALINE

Et elle accepte?

HECTOR

Avec une bonté... une gracieuseté... Elle me permet de venir la chercher, de lui donner la main... et son père, le négociant en vins, M. Giraut, qui n'y met pas de finesse... m'a dit en me reconduisant : « Ma loi, mon cher, c'est à confondre... mais je crois qu'elle vous aime... » Il m'a dit cela!..

Est-il possible!..

UECTOr,,

Mot pour mot. .. Et si ce n'était la crainte d'une fatuité qui n'est pas dans mon caractère... j'aurais presque l'idée que le négociant de Bercy a dit vrai : In vino veritas.

ALINE, ne comprenant pas.

Quoi donc?

HECTOR

Rien! c'est du latin!., mais dans ma joie... dans ma reconnaissance, je ne veux plus avoir de secrets pour elle... je lui dirai tout... ALINE, lui tendant la main.

C'est bien à vous ! et voilà qui nous réconcilie... Mais c'est inutile... je lui avais tout appris.

HECTOR

Comment?..

ALINE

Votre duel... votre combat... et cet honiuîe que vous avez blessé...

HECTOR , effrayé.

Y pensez-vous ?

ALINE

Je le devais.

HECTOR, de mécic.

Tout est perdu!..

Au contraire... elle s'est écriée avec ravissement et surprise : « Ballandard s'est battu !.. Ballanclard a eu un duel!.. » Et si vous aviez vu quelle émotion en s'informant do vous!.. HECTOR, liors de lui.

Elle m'aime!..

ALINE

Elle qui avait juré de ne jamais s'appeler M°" Ballandard... C'est là ce qui la contrariait... elle me l'avait dit.

HECTOR

Eh bien! on l'appellera M""* Hector... puisqu'elle aime les braves . puisqu'elle m'aime.

ALINE

C'est inconcevable!

HECTOR

Et vous aussi...

ALINE

Quand ie dis inconcevable... je parle de soj imagination belliqueuse...

HECTOR

Qui pourrait bien avoir ses dangers... car enfin et pour lui plaire, s'il fallait ainsi se battre toutes les semaines... Vous me répondrez à cela qu'une fois qu'on a fait ses preuves... on n'est plus obligé à rien...

ALINE

Certainement ! mais apprenez-moi donc... vous qui savez tout... d'où venait pendant le déjeuner l'air triste et sileîicictix de mon cousin ? HECTOR, gaiment.

Je n'ai pas remarqué... je mangeais... je buvais... je parlais... j'étais si content d'avoir enfin entendu partir cette voiture...

ALINE

Quoi!., quelle voiture?

HECTOR , se reprenant.

Rien!., un client fâcheux que je redoutais...

Fnfin , chacun est heureux à sa manière : je suis pour le bonheur expunsif, et lui, pour le bonheur lacilurne.

AI.ÎNE.

Non... il y a quelque chose... car lorsque vous avez été parti... ainsi que mon parrain... mon père s'est approrhé de moi pour ifiC parler. Fnimeric l'a retenu, et quoiqu'ils parlassent i)as, j'ai ente!)tlu<iu'illui disait : «Moi, plutôt... nioi... Je vous le promets. »

HECTOR

Qu'est-ce que cela veut dire ?

ALl.NE , gaiment.

Des affaires qui concernaient mon père... car il est sorti et no :s a laissés seuls... cela ne m'a pas cllrayée... on assure que c'est l'usage entre prétendus... et tinineric m'a dit en tremblant : Aline!., il l'autque je vous apprenne... que vous sachiez que je vous aime plus que tout au monde... que je ne peux vivre sans vous.,. (Gaiment.) Ce secret, à quoi bon?., est-ce qu'il y a besoin de dire cela?.. \îais pendant qu'il pariait ainsi j'ai cru voir des larmes dans ses yeux... HECTOR, à part.

Grand Dieu!..

ALINE

Je dis: je crois!., car sans me regarder, sans détourner la tète... il s'est enfui...

UECTOa, à part, avec colère.

Elle a raison... il y a encore quelque chose...

ALINE

Qu'est-ce que ce peut-être ? Vous en doutezvous?

HECTOn.

Parbleu! quelque contrariété... Son opéra nouveau qui Tinquièteet le tourmente... à cause de vous... car, eniin, si vous ne l'aimiez que pour sa gloire... comme M"* Vitt(!ria... pour ma bravoure.

ALINE

Allons donc... ce ne peut être un pareil motif.

HECTOR

A moins que quelque embairas financier dans son budget d'artiste... quel(|ues dettes qu'il ne veut pas dire à votre père...

ALINE

Vous croyez?.. Le voici... Laissez-nous, de grâce !

HECTOR, s'approchant d'Emmeric qui sort de la porte à gauclic.

Qu'est-ce encore?

EMMEHIC , dans le plus grand trouble.

Je teledirai... Laisse-nous?

HECroii , à part.

Allons! et puis(|u ils le veulent tous deux... allons chercher Victoria.

(11 sort.)

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