‹ Magasin théâtralChapitre 938 sur 1475 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

ALINE, EMMERIC.

EMMERIC, à part et regardant Aline.

Aurai-je celte lois plus de courase?.. il le faut,

pourtant, car j'ai promis à son père d'immoler moi-même mon bonheur et toutes mes espérances !..

ALINE , ù part.

Certainement! je saurai ce qui le tourmente en y mollaiii un peu d'adresse...

e\1mi;ric, avec embarras.

Ma cousine...

ALINE

Eh bien?..

EMMERIC, de même.

Vous causiez avec liallandard?..

ALINE

Oui... nous causions de sujets indifférens... déjeunes gens de ses amis... (vivement. ) Et nous nous disions... c'est évident, qu'un jeune homiiîe qui arrive à Paris... sans fortune... ne peut pas . (piclque^ialent (ju'il ait, se créer surle-champ une position et uiî état!.. En attendant les succès... il faut vivre... et alors il est tout naturel... qu'il emprunte... qu'il lasse des dettes... (Mouvement d'Emmeiic. ) U n'y a pas de mal... au contraire... je l'en estimerais davantage...

EMMERIC , étonné.

Pourquoi me dites-vous cela?

ALINE

Pourquoi?., parce qu'il est tout simple qu'on se cache de son beau-père... les beaux père.s ne comprennent pas ou voient les choses du mauvais côté... mais une sœur... une cousine... une liancée... moi, par exemple...

EMMERIC.

Quoi! vous pourriez croire?.. ' n vousa trompée... je vous le jure... je vous l'atteste...

ALINE

Ah! tant pis!..

EMMERIC.

Et vous veniez?..

ALINE

Tout partager avec vous... C'était mon bonheur... et bientôt mon devoir... Et vous. Monsieur, pourquoi ne pas suivre mon e\eaq)le?.. vos chagr.ns ne m'a|)partieniient-ils pas?..

EMMERIC.

Ah ! plus je vous entends, et plus il me semble impossible de vous les confier.

ALINE

Et moi je les devine, maintenant.

EMMERIC, eOVayé.

Que dites-vous?

ALINE

Certainement je serai lière et heureuse de vos succès et de porter un nom que chacun applaudit... mais les jours de victoire ne seront pas ceux où je vous aimerai le mieux! dans l'ivresse (lu triomphe, je vous serais inutile... Mais pour l'artiste même le plus habile et le plus heureux, il est des jours où la lutte est douteuse ou fatale... dans ces momeus-là je serai près de vous... mon cœur battra de vos craintes ou de vos espérances... Pour vous rassurer, je vous dirai : Courage! ou j'aurai peur avec vous.. .Et si nous succombons... ah ! que je vous aimerai alors... car vous aurez besoin de moi... car mon amour augmentera avec vos peines... et si vous eu douiez...

- /il -

essayez d'être malheureux , mon ami , et vous verrez.

EMMERIC.

Ail ! vous êtes ce qu'il y a au monde de meilleur... et de plus parlait.

ALIKE

Non... non... mais je savais bien que je rencontrerais juste... Ainsi, plus de crainte... plus d'inquiétude... vous ne devez plus en avoir... (Avec amour.) Je n'en ai plus... Et voyez donc quel bel avenir s'ouvre de\ant nous! des amis... de la considération... une belle fortune, et mieux encore, du bonheur!., car nous nous aimons si bien... et jeunes tous deux, nous pouvons nous aimer si long-temps...

EMMERIC, hors de lui.

Ah! toujours, toute la vie... (S'ar'êtnnt.) Non... non... ce n'est pas là ce que je voiiliiis. cejedevaisdire... mais en l'entendant... j'oubliaislouf... je ne voyais plus que mon amie... ma femme. ALINE, se jetant dans ses bras.

Eh bien ! n'est-ce pas vrai ?

EMMERIC , poussant un cri et la pressant contre son cœur.

Ah!

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