‹ Magasin théâtralChapitre 954 sur 1475 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

ABIGAIL.

Que faites-vous ?

BOUNGBKOKE.

Un numéro du journal V Examinateur que je glisse sous la couverture. Sa ÎMajesié verra eommenl l'on traite le duc et la duchesse de Marlliorough... elle et toute sa cour en seront indignées... mais ça lui donnera quelques instans de plaisir... et elle en a si peu!... Voilà dix heures, allez, Masham... allez!

M.^SIIAM , sorlanl par la porte à droite.

domptez sur moi !

OOiOOOÛOJwt>Oi.UwOOOSOiO<iOJOOOOOOOOOOt)ût5000SOOOO»iOOOOO

sciuM*: IV.

AIÎIGAIL, ROL^^■GB^,OKE.

BOl.lNf.BRORE.

Vous le voyez! le traité de la triple alliance produit déjà ses elVets... c'est Masham qui nous protège et aous sert !

ABIGAIL.

Lui! peut-être!... mais moi qui suis si peu de chose !

BOLIXGBROKE.

Il ne faut pas mépriser les petites choses , c'est par elles qu'on arrive aux grandes !... Vouscroyez peut-être, comme tout le monde , que les catastrophes politiques, les révolutions, les chutes d'empire , viennent de causes graves , profondes , importantes... Erreur! Les états sont subjugués ou conduits par des héros, par des grands hommes; mais ces grands hommes sont menés euxmêmes par leurs passions , leurs caprices , leurs vanités; c'est-à-dire par ce qu'il y a de plus petit et de plus misérable au monde. Vous ne savez pas qu'une fenêtre du château de Trianon , critiquée par Louis XIV et défendue par Louvois, a fait naître la guerre qui embrase l'Europe en ce moment ! C'est à la vanité blessée d'un courtisan que le royaume a du ses désastres; c'est à une cause plus futile encore qu'il devra peut-être son salut. Elsans aller plus loin... moi qui vous parle, moi Henri de Saint-Jean, qui jusqu'à vingt-six ans fus regardé comme un élégant, un étourdi, un homme incapable d'occupations sérieuses... savez-vous comment tout d'un coup je devins un homme d'étal, comment j'arrivai a la chambre, aux alTuires, au ministère?

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