‹ Magasin théâtralChapitre 966 sur 1475 · D'EAU · texte numérisé non relu

D'EAU

nez... je suis bien malheureuse, tout est contre moi... tout m'abandonne.

BOLi>GBitoKG, gaioient.

C'esl dans ces momens-là que mes amis me voient arriver. Voyons, ma petite Abigail , qu'y a-t-il ?

abigail.

Il y a que celle fortune que vous nous aviez promise...

BOLINGBIIOKE.

Elle a tenu parole... elle est venue exacte au l'ondcz-vous.

ABIGAIL , éioruiée.

Coiiiiiicnt cela?

BOI.f>'GBUOKE.

Ne vous ai-je pas parlé de lord Richard Bolingbroke , mon cousin.

ABIGAIL.

Non vraiment.

BOLINGBROKE

Le plus impitoyable de mes créanciers , quoiqu'il fût coMitne moi de l'opposition ! C'est lui qui avait vciidu mes dettes à la duchesse de Malborough. Du reste, l'élre le plus nul, le plus incapable.

ABIGAIL.

Je ne croirai jamais qu'il fût de la familÎ3.

EOLINGBUOKE.

I! en Hnii le chef. A lui tous les biens... à lui l'immense fortune des Bolingbroke...

Eh bien ! ce cousin...

BOLIJîGBROKE , riant. .

Regardez-moi bien. N'ai-je pas l'air d'un héritier ?

ABIGAIL.

Vous, monsieur deSainl-Jean?...

BOLlNGliROKE,

Moi-même... maintenant lord Henri de Saint- Jean , vicomte de Bolingbroke, seul et dernier membre de celte illustre famille, et possesseur d'un superbe héritage , pour lequel je viens demander justice à la reine.

ABIGAIL.

Comment cela ?

BOLIISGBBOKE , lui monirant la porte du fond qui s'ouvre.

Avec mes honorables collègues que voici... les principaux membres de l'opposition.

ABIGAIL.

Et pourquoi donc?

BOLINBKOKE, àdemi-voix.

Outre riiérilage , mon cousin laisse encore des es!)éiances... celles d'une émeute dont sa mort sera peut-être la cause; c'est le premier service qu'il rend à notre parti... et jamais , à coup sur. il n'aura fait autant de bruit de son vivant. ^- Icnce!... c'est la reine.

OOUOOOUOOOOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOOOOOSOOOQOOCOO 0000000

ABIGAIL, à droite d^ spectateur, plusieurs Seigneurs et Dames de la cour vlonnenl se plarcr prés d'elle. Sir IIARLEY et les Membres ne L'oi'i'osiTiON, A (;auciie, se groupentaulour de Bolingbroke. LA REINE, la ducuesse DE MARLBOHOLGH ei plusieurs Dames n'iiONNiiUR sorlatii des apparlemens à droite et se plaçant au milieu du Ihéâlre.

BOLiNGB.^OKE , cherchant ses expressions, et s'efforçant de s échauffer.

Sladame, c'est un sincère ami de son pays, et de plus un parent désolé , qui accourt au nom de la patrie en pleurs , demander justice et vengeance. Le défenseur de nos libertés , lord Richard , vicomte de Bolingbroke , mon notile cousin... hier, dans votre palais, .et dans les jardins de Saint-James...

ABIGAIL , à part.

Ociel!...

BOLINGBROKE

A été frappé en duel... si l'on peut appeler duel... un combat sans témoins, où son adversaire , protégé dans sa fuite , a été soustrait à l'action des lois...

LA DUCHESSE

Permettez. .

BOLINGBROKE

Et comment ne pas croire alors que ceux qui l'ont fait évader sont ceux qui avalent armé son bras... comment ne pas croire que le ministère .. (A la duchesse el aux seigneurs qui lémoigenlleur impatience et haussent les épaules.) Oui, madame, je l'accuse, et les cris du peuple irrité parlent encore plus haut que moi... j'accuse les ministres .. j'accuse leurs partisans... leurs amis... je ne nomme personne, mais j'accuse tout le monde... d'avoir voulu se défaire , par trahison , d'un adversaire aussi redoutable que lord Richard Bolingbroke, e^ je viens déclarer à sa majesté, que si des troubles sérieux éclatent aujourd'hui dans sa capitale , ce n'est pas à nous , ses fidèles sujets , qu'elle doit s'en prendre... mais à ceux qui l'entourent, et dont l'opinion publique réclame depuis long-temps le renvoi !

LA DUCHESSE, froidement.

Avez-vous terminé ?

B04.INGBB0KE.

Oui , madame.

LA DUCHESSE

Maintenant voici la vérité... prouvée par les rapports authentiques que j'ai reçus ce matin. ABIGAIL , à part.

Je meurs d'elTroi.

LA DUCHESSE

Il est malheureusement trop vrai... qu'hier dans une allée du parc de Saint-James. .. lord Richard s'est battu en duel...

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