‹ Magasin théâtralChapitre 967 sur 1475 · L.\ DUCHESSE · texte numérisé non relu

L.\ DUCHESSE

Cela est cependant... ce sont les dernières paroles de lord Richard entendues par le peu de personnes qui étaient là... des employés du palais... que vous pouvez voir et interroger.

BOLINGBROKE

Je ne doute point de leur réponse!... les places honorables qu'ils occupent en sont un sur garant. Mais enGn... si, comme madame la duchesse le prétend , le véritable coupable est échappé , .sans qu'on l'aperçût , ce qui supposerait une grande connaissance des appartemens et détours du palais , comment se fait-il qu'on n'ait pris aucune mesure pour le découvrir ?

ABIGAIL , à part.

C'est fait de nous !

EOLINGBROKE.

Comment se fait-il que nous soyons obligés de stimuler le zèle, d'ordinaire si actif , de madame la surintendante, qui, par sa charge, a l'entière surveillance et la haute main dans la maison de la reine... comment les ordres les plus sévères ne sont-ils pas déjà donnés?...

LA DUCHESSE

Ils le sont!

ABIGAIL , à pari.

Ociel!

Sa majesté vient de prescrire les mesures les plus rigoureuses dans cette ordonnance...

LA REIPiE.

Dont nous confions l'exécution à madame la duchesse (La remeuant à Bolingbroke. ) et à vous, monsieur de Saint-Jean... je veux dire mylord Bolingbroke , à qui ce titre , et les liens du sang qui vous unissaient au défunt , imposent plus ju'à tout autre le devoir de poursuivre et de punir le coupable.

LA DUCHESSE

On ne dira plus , je l'espère , que nous le protégeons et que nous voulons le soustraire à votre vengeance.

LA REINE

iVJylord et messieurs, ètes-vous satisfaits?

BOLINGBROKB.

Toujours, quand on a vu votre majesté et qu'on a jiu s'en faire entendre.

( La reine salue de la main Bolingbroke et ses collègues qui s'inclinent proiifondémenl. elrenire avec la duchesse el ses femmes dans ses uppiiriemens à droite. Le reste de la foule s'écoule par les portes du fond.)

I 000C000C0<;0000OC00CC0000C000OU0CC00CC0OCDâwO0(.0b0bvd

i SCÈNE VII.

ABIGAIL suit un instant les membres de l'opposition qui se retirent par la porte du fond , puis elle redescend le théâtre à gauche. BOLINGBUOKE.

BOLmGBROKE.

A merveille!... mais s'ils croient que c'est fini... ils se trompent bien... grâce à cette ordonnance, j'arrêterai plutôt toute l'Angleterre... (Se retournant vers Abïgail qui , se soutenant peine , s'appuie sur un gauteuil à gauche.) Ah! mon Dieu!... qu'a— vez-vous donc ?

ABIGAIL.

Ce que j'ai!... vous venez de nous perdre.

BOLINGBBOKE.

Comment cela?

ABIGAIL.

Ce coupable que vous avez dénoncé à la vengeance du peuple et de la cour... celui que \ous êtes chargé de poursuivre... d'arrêter... de faire condamner...

BOLINGBROEE.

Eh bien!...

ABIGAIL.

Eh bien. .. c'est Arthur !

BOLINGBROKE

Quoi?... ce duel... cette rencontre.

ABIGAIL.

C'était avec lord Bolingbroke votre cousin, qu'il ne connaissait pas... mais qui depuis long-temps l'avait insulté.

BOLINGBROKE , poussant un cri.

J'y suis!... l'homme à la chiquenaude... Oui , ma chère , une véritable chiquenaude... c'est elle qui a été la cause de tout... d'un duel, d'une émeute... du superbe discours que je viens de prononcer... et plus encore, d'une ordonnance royale.

ABIGAIL.

Qui vous prescrit de l'arrêter?

BOLINGBROKE, vivement.

L'arrêter!... allons donc! Celui à qui je dois tout, un rang, un titre et des millions! non... non... je ne suis pas assez ingrat , assez grand seigneur pour cela. (Prenant l'ordonnance qu'il veut déchirer.) Et plutôt, morbleu... (S'arrèlanl. ) O ciel!... eltout un parti qui compte sur moi... et l'opposition entière que j'ai déchaînée contre ce malheureux duel... et puis enfin , aux yeux de tous... c'est mon parent... c'est mon cousin...

ABIGAIL.

Que faire, mon Dieu!...

BOLINGBROKE, gaîment.

Parbleu!... je ne ferai rien... que du bruit... des articles et des discours , jusqu'à ce que vous ayez la certitude qu'il est en sûreté, et qu'il a quitte l'Angleterre... Je me monlie alors, et je le

LK VERRE D'EAU

fais poursuivre dans tout le royaume avec une rage qui met à l'abri mes senlimens et ma responsabilité de cousin!

Ah ! que vous êtes bon !... que vous êtes aimable... C'est bien , c'est à merveille... Et comme depuis hier qu'il nous a quittés, il doit être loin maintenant... (Poussant un cri en apercevant Masham.) Ah!... /

JOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Page 1