SCENE YIII
Les MfesïES, MATHIEU LOUCHARD, ANDRÉ, JEAN, d'AUTRES MATELOTS de la République.
HATniEU LOCCHABD.
A nous la victoire, à nous le brick anglais !... Cimarades, je viens de jeter à la mer un émigré, un noble, un ci-devant, que j'ai rencontré sur le tillac, au moment où je montais à l'abordage. rir.RRE.
Grand Dieu! qu'as-tu dit?
MATHIEU
Qu'il aille servir de pâture aux requins ! Point de pitié pour les traîtres qui cherchent un refuge chez les ennemis de leur patrie... Allons, à fond de cale les Anglais!
d'autres matelots.
A fond de cale !
Mathieu Loucbard et d'autres emmènent les Anglais. Pierre reste seul en scène avec un autre matelot (Jean).
PIERRE, suivant des yeux Mathieu Louchard qui s'éloigne.
Ah I le misérable ! il a tué le pius loyal, le plu: geiioieux des hommes; mais lui, lui, mon IVerc, qu'est-il devenu?... où est-il ?
JEAN
Un enfant, n'est-ce pas ? ii est sauvé, rassure toi.
pierre.
Sauvé !
JEAX.
Oui, lorsque l'émigré a été renversé du tillac par cet enr;»gé-là, un de nos eaiiiarades, André, a retenu l'enfant que le noble allait entraîner avec lui... tiens, regarde, le voila.
Paraît André, matelot, tenant un enfant dans ses bras.
PIERRE, courant àlui, regardant l'enfant, et jetant un grand cri.
Ah ! ce n'est pas lui!... ce n'est pas mon frère ; et l'autre enfant, parle, réponds-moi donc?
ANDRÉ
L'autre !... je n'ai pu en sauver qu'un seul.
PIERRE
Marcel! mon frère! mort!... 0 ma mère, ma mère ! de quel front te reverrai-je, lorsque j'ai perdu mon frère?... Oh! je veux le suivre, je veux mourir 1...
Jl marche vers les bastingages comme pour se jeier à la mer. Tous les matelots n-publicains sont remontts sur le pont et le retiennent.
ANDRÉ, tombant à ses genoux et lui moninnit la petite fille.
Camarade, et cette enfant?
PîiRRE.
Cette enfant!... ah! tu as raison, toi, j'allais oubliermon devoir, mes sermens... Pour toi, pauvre orpheline, pour toi, je dois avoir le coiiruge de vivre... le noble royaliste avait promis appui et protection au frère du matelot républicain, et le matelot jure encore, à la face du ciel, qu'il servira de protecteur et de père à la iille de l'émigré.
Il él^nd les mains sur la têl<r de la pitile liiie; la toile tombe.
VVVWVW\VWVWVWVWVV\V\VVV\W\VWV\VVWVt\WXVV\VVtWVVWWVVV\VWV\vvvvv