‹ Magasin théâtralChapitre 9 sur 1711 · CRI GÉNÉRAL DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

CRI GÉNÉRAL DES ANGLAIS

A mort! à mort! le Français! à mort, l'espion!

LE CAPITAINE, s'élançant entre ses soldats et Pierre.

Arrêtez! arrêtez! un instant encore épargnez cet homme, il peut nous cire utile... nous avons perdu les plus braves de nos camarades, les plus habiles de nos marins, et Jacob lui-même, notre pilote, vient de mourir... {A Pie^-j-e.) Toi seul peux le remplacer à la barre.

PIERRE

Jamais! tuez-moi.

LE CAPITAINE

Toi seul peux diriger la manœuvre qui nous rapprochera de la flotte anglaise avant que les Français aient pu jeter les grapins sur notre navire.

PIERRE

Tuez-moi donc! LE CAPITAINE, lui montrant l'extrémité du navire.

Regarde, vois-tu là-bas, ce Français qui était auprès de toi tout-à-l'heurc, et qui tient dans ses bras deux enlans ?

PIERRE

0 ciel! mon pauvre Marcel ! mon frère 1...

LE CAPITAINE

Ton frère est mort si tu ne vas pas te pkcor à l'instant à la barre.

PIERRE

Ah! malheureux enfant!... et toi, ma mère, toi à qui je dois compte de sa vie. . .

Décide-loi, je n'ai quà faire un geste, et il va périr ta victime.

PIERRE

Eh bien î puisqu'il le faut, pour lui, pour lui seul... {En marchant versle fond, il aperçoit et saisit le pavillon tricolore que le capitaine a fait arborer à la première scène.) Ah! ce pavillon, vous avez eu tort de l'arborer sur votre navire; moi, je le trahirais 1... moi, je vous servirais contre mon pays!... oh! même pour le sauver, lui, tu ne le voudrais pas, ma mère !... Non, périssent tes deux enfans, et vive la France !

De nouveau on le couche en joue, et il tombe à genoux en de'couvrant sa poitrine; mais un cri multiplié deVivE LA France ! A l'abordage! répond à celui de Pierre; dans un instant, le brick est envahi par les Français, soldats et marins de la République, qui viennent délivrer Pierre en renversant ses ennemis ; plusieurs matelots français s'approchent de lui, le relèvent et l'embrassent.

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