‹ Magasin théâtralChapitre 1014 sur 1711 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARGUERITE, debout siir les marches du trône, xine couronne d'or à la main; PERKINS agenouillé devant le trône; au fond, jusque dans la galerie, sont rangés en demi-cercle LES SEI- GNEURS, parmi lesquels LINCOLN et CLÏF- FORD, au fond, des gardes sur l'avant-scène en-deçà du trône, MARIE et LES Femmes de Marguerite. Au pied du trône entre Perkins et les Seigneurs, CHARLES et les Pages.

MARGUERITE, posant la couronne sur la tête de Au nom du Dieu vivant et de monseigneur

Saint-Georges, Richard d'Yorck, je te salue roi

d'Angleterre.

Elle s'assied.

PERKINS, 5e relevant.

Au nom du Dieu vivant et de monseigneur Saint-Georges, moi, Richard d'Yorck, je jure de ne rendre qu'à Dieu cette couronne, qui est celle de mon père. [Aux Seigneurs.) Messieurs, dès aujourd'hui, nous renouvellerons ce serment sur le saint Évangile, et nous recevrons en même temps celui de nos amis et fidèles sujets. Maintenant, nous regardons comme notre premier devoir de. vous faire connaître à tous de quelle manière le roi Richard IV pratique la vengeance envers ses ennemis. Comte de Lincoln, approchez.

MARIE, à part.

Que va-t-il faire ?

PERKINS

Votre épée, mylord ?

LINCOLN

Mon épée!

Plusieurs seigneurs se rangent en murmurant du côte' de Lincoln, Marguerile descend du trône.

MARGUERITE

Le roi vous a demandé votre épée, monsieur. [Bas à Perkins. ) Messire, ne vous faites pas sitôt un si grand nombre d'ennemis ; ne faites pas sortir cette épée du fourreau, de peur qu'elle ne déchire la pourpre à peine tissue de votre royauté !

PERKINS

Comte, rendez-moi votre épée.

MARGUERITE

Obéissez, comte. ( Bas à Perkins.) Prenez garde, messire, prenez garde, ce n'est pas ici que doit commencer la guerre.

Lincoln a donné son épée à Perkins.

PERKINS

Mylord, cette arme était indigne de vous, et nous ne pouvions souffrir qu'elle restât plus longtemps à votre côté. ( Il brise l'épée. ) Je brise cette arme, et je la foule aux pieds comme un instrument de félonie. {Mouvement parmi Us Seigneurs ; il tire la sienne. Haut.) Nous espérons que vous voudrez bien accepter la nôtre en échange, et que celle-Jà, vous ne la dirigerez ni contre notre poitrine, ni contre notre visage. (^Lincoln prend l'épée dédaigneusement. Murmure d'approbation parmi les Seigneurs. ) Mylord , comte de Lincoln, vous portez un nom que nous ne prononcerons jamais sans nous rappeler que

c'est celui d'un homme qui nous a insulté publiquement ; je ne veux pas que tu gardes ce nom-là, sir Edouard : l'apanage de mon oncle Glocester est demeuré vacant. A compter d'aujourd'hui, j'aurai pour traître envers moi quiconque t'appellera autrement que duc de Glocester, ou le lord grand-chancelier.

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