SCENE XII
Les Mêmes, hors GERVAIS.
CAROLINE, achevant de lire, et avec désespoir. Ah! malheureuse! Dans ce moment, mon Dieu! dans ce moment...
GAUTHIER
Qu'y a-t-ildonc?
CAROLINE, lui donnant la lettre.
Lisez, Mes enfans... onnousles ramène; je prévoyais ce retour forcé. Nous n'avons pu satisfaire aux demandes d'argent. Que faire? mon Dieu! que faire?
GAUTHIER, à lui-même, avec accablement.
La misère! c'est donc là que devait aboutir la désunion. Et je ne puis rien pour eux, moi !
M™^ ALLARD
Mais la somme que doit te donner M^c Dufour ?
CAROLINE
Elle ne saurait suffire.
M™« ALLARD
Alors il me vient une idée ; mais vous ne voudrez peut-être pas la suivre?
GAUTHIER
Parlez.
M°'6 ALLARD
Celte montre? tu sais.
CAROLINE, avec indignation .
Oh! non, non.
GAUTHIER
Cette montre brisée?
M™« ALLARD
Il y a pour plus de cent francs d'or. Je ne l'ai rapportée que pour t'en servir au besoin ; parce qu'après tout.l'argent, c'est toujours de l'argent. J'ai bien fait, n'est-ce pas, monsieur Gautliier?
GAUTHIER
Caroline, il s'agit de vos enfans, et dans cette circonstance la nécessité justifie tout. J'irai la vendre, cette montre; où est-elle?
CAROLINE
Là, dans cette commode.
M™« ALLARD, allant à la commode.
Eh! mon Dieu! on a forcé un tiroir.
CAROLINE
Que dites-vous?
GAUTHIER
Quoi, la serrure est forcée!
CAROLINE, cherchant.
Et la montre n'y est plus.
M™e ALLARD.
Làl Marcel aura été la vendre ou la mettre en gage.
CAROLINE, avec effroi.
Pour sortir avec Nina !
GAUTHIER
Marcel ! s'il est vrai, tu es un inl'ùme !
CAROLINE
Ah! le voilà.