‹ Magasin théâtralChapitre 1081 sur 1711 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, CAROLINE, puis M>ne DE FRANC- MF5NIL, NINA, GERVAIS et les Enfans

GAUTHIER

Entrez, entrez sans bruit, il vient de céder à son accablement; il repose.

CAROLINE

Mon Di'cu! que j'éprouve de joie à rentrer oans mon ménage! oui, je suis heureuse et fièreî {A

MARCEL, OU L'IMTERIEUR D'UN MENAGE

jjfnie dg Francmesnil qui entre.) Ah 1 madame, votre générosité...

QAUTHIER.

Du silence !

urne DE FRANCMESNIL.

Je ne puis avoir de tranquillité, madame, que lorsque j'aurai vu le bonheur dans votre maison. Laissez-moi veiller avec vous.

CAROLINE, s'approchant de Marcel.

Le voilà! la douleur est sur son visage, et pour lui le sommeil n'est pas le repos... ( Elle s'agenouille près de Marcel.) Etc'est moi qui l'ai plongé dans cet état! Marcel, je saurai reprendre ma place dans ton cœur, reconquérir ta tendresse. MARCEL, endormi.

Caroline!

CAROLINE

Il m'a nommée!

MARCEL, de même.

Caroline, je t'aime.

CAROLINE, se levant et allant à Gauthier. Il m'aime encore, mon père!

GAUTHIER

N'en doutez pas, ma fille.

CAROLINE

Le ciel n'est donc pas sourd aux cris de la douleur... Ahl mon père, s'il était vrai, je compterais les heures dans mes jours, les jours dans ma vie, pour les lui consacrer.

Elle pleure.

GAUTHIER

Allons, ma fille, soyez plus calme ; ne vous laissez pas aller à des émotions qui détruisent les forces dont vous avez besoin.

Hine j)E FRANCMESNIL

Il s'éveille l

GAUTHIER

Reprenez votre place accoutumée... Que les enfans soient là.

!Mina entre avec les enfans ; Caroline, agenouillée , les prend entre ses bras, et se place avec eus. à quelques pas de Marceli M™* de Francmesnil est place'e au milieu du théâtre.

MARCEL, s' éveillant.

Que s'est-il passé?... Mon père! ai-je revu mon père?... (// aperçoit Gauthier qui lui montre Caroline. Marcel pousse un cri et se précipite vers eux. Moment de silence et de sanglots.) Mon père! Caroline! mes enfans!

CAROLINE, se jetant au-devant de lui.

Marcel I

EmLrasscmcus.

MARCEL

Je vous revois , vous ne me quitterez plus... non, non, je veux vivre pour vous!... Vivre! malheureux, qu'ai-je fait?... la mort! sauvez-moi ie la mort... Ce poison...

Il moulre à Gauthier la fiole qui est sur la table. Gauthier pousse un cri.

CAROLINE

Que dis-tu?

Elle va à l'endroit où c'tait le poison.

GACTHIER.

Il s'est tue!

CAROLINE, en tombant à genoux.

Sois loué, mon Dieu ! j'ai sauvé mon mari !

GAUTHIER

Parlez !

Parlez

TOUS, exclamation,

Ne craignez pas la mort. [A Marcel.) Depuis long-temps je connaissais ton dessein, j'avais surpris ton secret ; ce breuvage est sans danger, il ne devait produire que le sommeil.

MARCEL

Je vivrai, mon Dieu!

CAROLINE

Oui; j'ai conservé un père à mes enfans!... et maintenant, Marcel, si pour ton bonheur ii faut quitter cette maison...

MARCEL

Jamais! Mon père! mes enfans, ma femme, avec vous le bonheur dans mon ménage !

FIN

Paris. — Imprimerie de V« Dondey-UoprÉ; rue Saint-LouiS; ie, au Marais,

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