SCENE X
MARCEL, GAUTHIER
GAUTHIER
Marcel !
MARCEL, atjec effroi.
Mon père!
GAUTHIER
Quand le fils ne revient pas au-devant de son père, le devoir du père est de revenir au-devant de son fils.
MARCEL
Je ne suis donc plus maudit!
Il ra pour se jeter aux pieds de Gauthier qui le relève, GAUTHIER.
Dans mes bras ! dans mes bras!... Marcel, je l'ai élevé, j'ai pardonné à ta mère, je l'ai respectée jusqu'à son dernier jour... il faut écouter ma voix, il faut suivre mon exemple. Avec une vie laborieuse, la prospérité peut renaître encore dans tun ménage : attends tout de l'avenir; le temps, c'est notre justice ànous...déjà tues ven^é,
MARCEL
Vengé !
Oui; celui qui a porté le trouble dans la maison, il est mort !
MARCEL
Mort!
GAUTHIER
Oui, tué en duel, pour une querelle d'amour; mais il a voulu réparer sa faute, et cette lettre, que sa veuve nous a apportée, te fera connaître Caroline.
Caroline !
GAUTHIER
Lis!
MARCEL, en tremblant. Il lit.
« Je vous renvoie tout ce qui me reste de vous; » pitié et pardon... de FrancmesNil. »
GAUTHIER
Regarde , tu reconnais l'écriture de ta femme sur cette autre lettre? et le timbre de la poste avec la date et l'heure, tu le vois?
MARCEL
Oui.
GAUTHIER
Lis donc.
MARCEL, lisant.
« Monsieur, oubliez la femme qilè vous avez » détournée de ses devoirs; le remords a pénétré » mon cœur, je veux vivre pour mon mari que je » respecté et que j'aime... » Elle a écril cela! {Continuant.) « Le ciel permettra que je puisse » obtenir mon pardon, et que je rentre dans la » bonne voie eu mère de famille. » Elle a écrit cela, mon père!
GAUTHIER
Oui.
MARCEL
La joie me trouve sans forces.
II reste ataéinti.
GAUTblïM.
Allons, allons, i^mets-toi.
HIRCEI..
Je n'y vois plus.
Il tombe sur une chaise.
GAUTHIER
Oui, oui, je te trouve abattu... tu n'es pas rentré la nuit dernière; tu t'es agité, ça se conçoit.
MARCEL
Et le sommeil.. .
GAUTHIER
Oui, le sommeil t'accable. Eh bien! repose- toi là, là!
MARCEL, accablé par un sommeil involontaire. Mon père !... Francmesnil!... mort !
GAUTHIER
Pauvre garçon! l'émotion vient dfc l'anéantir: profitons de ce moment pour rétablir les chose: comme elles doivent être.
Il ouvre la porte et appelle.