SCENE III
Les Mêmes, MARIE, puis CHAMILLY.
M.Miir, , accourant.
J1.1 tanic ! ma lanlel je suis perdue. 5i"« de sai.nt-cernik.
Que vciu- ccl-il (loiiL ai rivé'.'
MAGASIJN THEATRAL.
LACHENAYE , bas à M'^' de Saînl'Cernin. Je reviendrai bientôt savoir ce dont il retourne.
11 sort.
MARIE , après l'avoir regardé partir Oui, perdue! le roi m'aime, ma tante.
m"» de saint-cernin.
Enfant! sans doute, il a pour vous une amitié sincère.
MARIE
Oh! ce n'est pas cela! si vous l'aviez vu, dans son courroux contre la reine! si vous l'aviez entendu, madame 1 C'est moi qu'elle a voulu outrager en vous, s'écriait-il ; eh bien, nous nous vengerons d'elle! Et son œil s'animait, sa main tremblait dans l;i mienne, et il me pressait sur son sein avec une violence!... Il m'a fait peur!
lime DE SAINT-CEBNIN.
C'est qu'il prenait à cœur l'affront que vous a fait sa majesté : vous ne pouvez qu en être reconnaissai.le.
MARIK
Puis , il a ajouté : Marie , c'est vous qui serez la vraie reine; vous en aurez la puissance, l'autre n'en conservera que le nom. Je vous rapprocherai de moi, je vous élèverai le plus près du trône que je pourrai, et elle en séchera de dépit. M. de Chainillysera duc, pour que vous soyez duchesse! je ferai pour vous autant que mon père a fait pour Gabrielie d'Estrées ; je vous donnerai autant de richesses, autant d'honneur et plus d'amour! Yoilà ce qu'il m'a dit, madame! Gabrielie d'Estrées? il veut donc que je sois sa maîtresse?
M™" DE SAINT-CERNIN.
Ma nièce, calmez-vous.
MAP.iE , résolument.
Où est mon mari 7
Mine DP, s.MNT-CERNIX
Que lui voulez-vous?
MARIE
Je veux le voir. En bulle à l'amour du roi , à 'inimitié de la reine (que je comprends maintenant!), n'est-ce pas à M. de Chamilly de me protéger ?
U>°E DE SAINT-GERXIS.
Lui?
MARIE
Je ne puis plus vivre ainsi, je veux le \oir. 11 faut que tout s'explique entre nous enfin. S'il croit avoir sujet de me mépriser, de m'abandonncr, qu'il vienne, qu'il m'accuse! je saurai bien me justifier peut-être. Il ne peut me haïr aussi, lui!
M. DE SAIST-CERNIN.
Pourquoi vous haïrait il?
MARIE
Vous avez raison , il ne me hait pas, j'en suis sûre, car j'ai souvent surpris dans son regard l'expression de l'intérêt et de l'amitié. Mais pourquoi le vois-je à peine? si un léger malentendu seul nous divise, pourquoi, vou^, ma tante, ne
l'allez-vous point trouver pour le forcer de se rapprocher de moi?
M"» DE SAINT-CERMN.
Dieu m'en garde!
MARIE, d'iin air stupéfait Mais n'est-ce pas là votre devoir, madame? Eh bien , s'il refuse de venir à moi, j'irai à lui; il le faut, je le veux! il m'entendra, je me jetterai a ses pieds, et je le supplierai de m'aimer, pour que je puisse rester digne de son amour, CHAMILLY, à part.
Qu'entends-je!
M™e DE SAINT-CERNIN.
Digne de son amour, pauvre Marie! il fai;i donc enfin vous dévoiler ce que je prenais tant liu peine à vous cacher! mais votre mari ne peut pas vous aimer, mais il n'en a pas le droit. MARIE , avec stupeur.
Que dil-elleî
M"e DE SAINT-CERNIN.
Ah ! Marie, nous avons été bien trompées toutes les deux! M. de Chamilly savait que le roi vous aimait.
MARIE
II le savait ! {Avec désespoir.) Mon Dieu 1 mon Dieu ! que vais-je donc devenir?
Elle pleure.
M^oe DE SAINT-CERNIN.
Marie, mon enfant, calmez- vous! Venez, ma nièce , nous ne pouvons rester ici.
MARIE , s' évanouissant.
Pardon , je ne puis marcher.
M"^ DE SAINT-CERNIN.
Ah ! mon Dieu ! elle se trouve mal ! quelqu'un :
CHAMILLY, s'élançant vers Marie.
Elle se trouve mal!
M™^ DE SAINT-CERNIN, V apercevant M. de Chamilly !
LACHENAYE, arrivant et s'arrêtanl au fond du
théâtre.
Qu'y a-l-il? qu'y a-t-il? que vois-je? le mari! quelle audace!
CHAMILLY, près de Marie.
Marie , revenez à vous !
îi^e DE SAINT-CERNIN , à Chamilly.
Monsieur le comte, ce n'est point là votre phnc
CHAMILLY, avec indignation.
Où est-elle donc ma place, madame? {Il se retourne et aperçoit Lachenaye à sa droite , à part. Ah! mon espion!
Pour se donner un mainlien il se met 'a frapper le'gcrtm n' dans les mains de Marie.
M'Ui^ DE SAINT-CERNIN.
Elle revient à elle !
(,UAMIt.l.Y.
Elle ouvie lis yeux! ô bonheur!
M.M'.iE, Lomtue de révcilluni.
Ou suib-je?
LA COMTESSE DE CHAMILLY
CHAUiLLT, timideme7it.
Madame la comtesse.
Marie, revenue b elle, lui lance un regarj Je mépris. 11 se détourne, et rencontre le regard de Laclienaye, em preinl d'une indignation burlesque.
MARIE, se levant.
Lui I partons, ma tante! {A elle-môme.) Mais que faire? où aller? un seul parti me reste; oui, dût elle de nou\eau m'accabler de ses dédains, je les braverai pour me jusiificr. Haut.) Venez, venez, ma tante !
M™« DE SAIST-CEUSIX.
Mais où allez vous?
MARIE
Chez la reine !
M™e DE SAIKT-CtRMX, étOUtlie.
Comment?
Elles entrent cliei la reine.
LACHENAYE, à part.
Et moi, chez le roi. {Haut à ChamilUj.) î!onsieur le comte de Chamilly , le roi est très-mécontent de vous.
Jl sort.
v\^vw^v\\^\\^^\^\\\^\\\■\\\\\^\\^\\\\\^^'v\\■v^\^\^^\\v^^■v^^v^^