SCENE II
LANTHEUIL, UN CONSEILLER, JACQUES SI- ROIS, MARIE, AncnERS.
tE CONSEILLER.
Pardonnez-moi, madame, la pénible mission dont je suis chargé. Depuis plus d'uu jour celte
maison vous sert d'asile, et vous n'y logez pas seule : M. de Chamilly n'a point paru ici: vous devinez sans peine duquel crime vous êtes accusée, et je dois vous sommer de me suivre au nom du roi et de la loi.
LANTHEUIL, à part. Oh! comment la sauver?
MARIE
Au nom du roi! c'est au nom du roi qu'on m'arrête ! ah I si je l'avais écouté, lui, il y a longtemps que je serais coupable, et qui oserait me punir ? et qui de vous ne serait à mes pieds? LAKTHEUiL, à part.
Imprudente! que dit-elle?
LE CONSEILLER
Ainsi, madame, vous avouez le crime qui vous est imputé?
MARIE, avec une sorte d'égarement.
Eh bien, oui, jel'avoue... emmenez-moi, je veux mourir! je veux rendre compte de ma conduite au roi et à Dieu.
LE CONSEILLER
Madame...
MARIE, avec exaltation.
Que m'importent vos jugemens? que me font vos lois hypocrites? oui, j'ai quitté volontairement la maison de celui qu'on m'a donné pour époux; oui, j'ai couru demander protection à un homme que je pouvais estimer... je suis venue me confier à sa loyauté; j'ai voulu fuir M. de Chamilly. Qu'attendez-vous, monsieur? je vous l'ai dit, je suis coupable, emmenez -moi! emmenez moi!
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