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SCENE IX

Les Mêmes, ADÈLE.

UADËLKINB.

Entrez, mademoiselle.

LECLAT DE RIRE.

Al>fcLE. fiiirani rt saluant.

Rlailame...

M""^' i.ACiHANr.K, ("( pan.

Quel air modeste, et comme elle est jolie!

MAt)BI.HIÎSK.

Allons, approchez, visiteuse tremblante, nous ne mangeons pas les jeunes filles.

M"""" LAGRA>'GK.

IVous compatissons à leurs peines.

Je sais que vous êtes bonne, madame, et je suis venue à vous en toute confiance.

iiAi)KLi-l>B, un peu brusquement.

Asseyez-vous là, pour de certaines confidences il faut être bien proches ; allons, petite tourterelle, roucoulez, confessez tout, peut-être sommes-nous ici pour vous absoudre.

M""'^ LAGnA>GE.

J'écoute.

AUÈLE.

Je viens , madame , vous ouvrir mon cœur. Quand on souffre, il faut s'adresser à qui a souffert... Monsieur votre fils.

HADELEI>E, à pari.

J'étais sûre qu'on commencerait par lui.

M'"<= T.AGRAÎiGE.

Où l'avez-vous vu ?.. quand vous a-t-il parlé? que vousa-t-ildit?

ADÈLE

Vous allez tout apprendre : Je ne sais par quel hasard, depuis fort long-temps, nous nous rencontrions souvent le matin ou le soir sur l'escalier.

MADELEINK.

Âh! fripon de hasard, que de sottises tu nous fais faire !

M™e LAGnANGE.

Après?

Il s'arrêtait lorsque je passais près de lui, il me regardait d'un air respectueux, et semblait attendre de moi une parole... d'amitié...

MADELEINE

Amitié 1 ... le mot est bien trouvé.

M"" LAGRA>'GE.

Poursuivez.

Al ÈLE.

Honteuse, je montais ou je descendais en silence, et mes yeux seuls lui disaient que j'étais touchée de sa politesse et de ses égards.

HADELEIISE.

Les yeux des jeunes tilles ne valent pas le diable.

M™e LAGRANGE.

Ne l'interromps pas.

ADÈLB.

Enfin, depuis vingt jours, M. André ne se trouve plus sur mon passage, mais tous les malins, on glisse sous ma porte, des lettres que je ne peux lui rendre.

M™« LAGRA>GE.

Depuis vingt jours 7

ADÈLE

M'"<= LAGRANGE

Et combien de lettres avez-vous reçues de la sorte depuis ces vingt jours?

ADÈLE

Vingt-deux.

MADELEINE, à part.

Oh I le scélérat ! que de papier perdu !

M"'« LAGBAPiGE.

Ces lettres, mademoiselle, vous les avez lues?

ADÈLE, baissant les yeux.

Oui, madame; les premières je les gardai sans les ouvrir, et puis la curiosité. .

M'"<^ LAGRANGE

Rien que cela ? (Adèle baise la main de M^^ La - (jrange.) J'entends. El que vous disait-on dans ces lettres?

ADÈLE

Des mensonges... d'abord que j'étais jolie...

MADELEINE

Petite vaniteuse', vous savez bien que vous l'êtes.

ADÈLE

Ensuite... que l'on m'aimait, qu'on avait un besoin impérieux de me voir...

M'"^ LAGKASUE.

Mais vous, que pensez-vous de mon fils? L'aimez-vous aussi? j'ai besoin de ne rien ignorer.

ADÈLE

Ah ! madame, vous savez que je suis votre voisine: je vous ai vue souffrante, j'ai compris les angoisses de M. André ; j'ai été témoin de ses mortelles inquiétudes, de ses larmes, de son désespoir, alors que votre vie était en danger: comme lui, madame, je pleurais, comme lui j'étais a genoux, pour implorer la clémence divine, et nos prières amies montaient au ciel comme des sœurs.

M""* LAGRANGE, SOUriaut.

Cela veut dire que vous aimez André comme un frère.

ADÈLE

Oh ! je l'aime plus que cela, madame, je l'aime !

MADELEINE

Oui, nous comprenons, ça étouffe.

ADÈLE

Maintenant voici les lettres de M. André, les voici, madame.

Elle donne les lellres à M"" Lagrange.

M"8 LAGRANGE

Vous me les rendez sans regrets 7

ADÈLE

J'aurais voulu les garder.

M™<' LAGRAINGB.

Gardez-les, puisque vous les avez reçues.

* ADÈLE

Je puis vous les rendre, je les sais par cœur.

M™"^ LAGBANGE, à pari.

Quelle naïveté 1

MADELEINE , à part.

Quelle terrible mémoire! vingt-deux, et de xjuatre pages peut-être!

IMAGASIN THEATRAL.

Voici quelqu'un, c'esl lui sans doiilc.

MADEI.KINK , à Adàlc.

Cachez-vous ici, mademoiselle, et ne soufflez tiiul.

Elle la fait passer derrière elle.

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