ADÈLE, ANDRÉ
ADÈLE, à part.
Quelle femme!
ANDRÉ, a part.
Quelle mère! [Hâta.) Eh bien! mademoiselle, j'attends mon arrêt .. Que vous a dit ma mère?
ADÈLE
Votre mère m'a parlé comme la meilleure, comme la plus indulgente des femmes. C'est avec une extrême bienveillance qu'elle a reçu mes aveux, qu'elle a écoulé ce que j'avais à lui dire.
ANDRÉ
Et que lui avez-vous dit, Adèle?
ADÈLE
Ne le devinez-vous pas, monsieur?
ANDRÉ
Ce que je vous ai tanl de fois écrit, n'est-ce pas ?.. que du jour où je vous ai vue je me suis senti naître à l'âme une de ces passions qui font le bonheur ou le malheur de la vie. Oh 1 pardonnez, pardonnez-moi: je vous ai suivie, épiée avec les seniimensde la jalousieetde la plus coupable incrédulité; habitué à l'infortune, je ne pouvais croire que Dieu eût jeté sur mes pas, sans vices, sans coquetterie, une jeune et belle fille, vivant de son travail, de ses veilles et de ses larmes.
ADÈLE
Oui, j'ai souvent pleuré, monsieur André, en reportant mes regards vers la chambre de votre mère.
ANDRÉ, s'animanl par degrés.
Et croyez-vous, Adèle, que vos pleurs m'ont échappé, que vos craintes n'ont pas été comprises ! Oh! ce qui vous a valu mon amour, ce n'est pas seulement ce frais visage, ce ne sont pas ces beaux yeux qui se baissent avec tant de modestie... non, c'est avant tout, celle âme si chaste que je craignais de l'outrager, en lui disant la ferveur de mon adoration ; c'est la piété si naïve, c'est la soulîrance empreinte sur vos traits et supportée avec une résignation si courageuse; ce qui vous a valu mon amour, Adèle, c'est votre amour pour ma mère; car je l'ai deviné I
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