‹ Magasin théâtralChapitre 1148 sur 1711 · M""» LAGRANGE, ANDRÉ, MADELEINE · texte numérisé non relu

M""» LAGRANGE, ANDRÉ, MADELEINE

MADELEINE, entrant.

Me voici> madame. N'y [a plus du mauvais, puisque M. le docteur s'en va si vite! M"'^ LAGRANGE, à André qui s'est rapproché. Ah! te voilà aussi!

ANDRÉ

Eh bien, ma mère, que t'a prescrit le docteur?

M™« LAGRANGE

€omme d'habitude, mon fils, rien. Le printemps est, dit-il, le seul remède à ma maladie.

ANDRÉ

Tiens, bonne mère, si je l'osais, je t'adresserais une prière.

M™" LAGRANGE

Dès que tu attends quelque chose de moi...

Consultons un autre médecin.

MADELEINE

C'est vrai, ça, on ne guérit pas les gens sans apothicaire.

M^fi LAGRANGE.

Y penses-tu, André ; la réputation du docteur est établie sur des faits ; et tu as grand tort de douter de son dévouement et de sa science. D'ailleurs, j'ai foi en lui, et je ne consentirai jamais à m'adresser à un autre; je ne veux agir que d'après lui.

ANDRÉ, tristement.

C'est pour cela que tu fais tant de cas d0 ses ordonnances?

M™e LAGRANGE.

Je ne te comprends pas, André.

ANDRÉ

J'étais là... je sais tout... de ce voyage dépend ta guérison!... Oh! ma mère!... ma mère!...

Il se jcUe dans les bras de sa mère et sanglote. M^e LAGRANGE.

Du courage... du courage, mon André... ne te désole pas ainsi. Tu veux donc que je me trouve plus à plaindre encore? (A part.) Ce n'est guère possible pourtant.

ANDRÉ

N'as-tu pas entendu le docteur?

M™e LAGRANGE.

Et c'est ce qui te cause un si violent chagrin !

ANDRÉ

Il te l'a dit. Point de guérison à espérer si tu ne vas pas à Bagnères respirer l'air natal.

M"e LAGRANGE.

Eh bien, j'irai, mon enfant.

ANDRÉ, sanglotant.

Mais tu sais bien que cela ne se peut pas, pauvre mère !

M^e LAGRANGE.

N'attendons-nous pas chaque jour une lettre de ton oncle? Mon frère m'aime, André... il a bon cœur, il est riche, et il ne nous laissera pas longtemps dans une gêne si cruelle.

ANDRÉ , avec désespoir.

Mais attendre, c'est la mort!... Si je l'osais, ma mère... le docteur est si noble, si généreux...

M""® LAGRANGE

Garde-t'en bien, mon fils ; nous ne lui devons déjà que trop... et puis, il faut de la dignité dans l'infortune.

ANDRÉ

Tu as raison... oui, tu as raison; mais pour te sauver, ma mère, je ne sais ce que je ne ferais pas. M™^ LAGRANGE, avec reproche.

Oh! André!

ANDRÉ, exaspéré.

Pardon , bonne mère ; mais ma tête s'égare, mon sang me brûle à l'idée d'une séparation dernière. {Après une pause.) Ainsi donc, si nous ne I recevons pas de lettres, tu ne partiras point, tu j me cacheras, pour ne pas les suivre, les ordonnances du docteur, tu souffriras encore en silence, seule, et puis peut-être enfin, un adieu ! ... un adieu éternel!... [Il se jette au cou de sa mère, l'embrasse à plusieures reprises et sort désespéré, en disant: ) O mon Dieu ! mon Dieu ! ma mère ! ma raison y succombe !

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SCEINE XYII.

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