M'"^ LAGRANGE, LE DOCTEUR. ANDRÉ
à la porte.
LB DOCTEUR
Madame Lagrange, vous n'aimezdonc pas votre fils?
M™f LAGRANGE.
Vous savez trop bien le contraire pour que j essaie de vous détromper, docteur.
LE DOCTEUR, de même.
Non, madame, je vous le répète, vous ne l'aimez pas.
ANDRÉ, à part.
Que dit-il î
LE DOCTEUR, avec sévérité.
Vous semblez à plaisir retarder votre guévison; je ne le vois que trop, madame, vous ne suives pas mes ordonnances.
ANDRÉ, à part.
Ses ordonnances?
M'"'' LAGRANGE, baissant la voix.
Docteur, je vous en supplie, parlez plus bas; vous allez tout savoir. Je souffrais moins ces joursci, j'ai cru pouvoir me dispenser ..
LE DOCTEUR, avcc çravîtè.
C'est différent, madame; si vous savez mieux que moi ce qui doit vous être salutaire, mes visites sont désormais inutiles.
Il se lève.
M™f LAGRANGE, lui prenant la main.
Oh! docteur, ne m'abandonnez pas, je vous promets d'être plus soumise à l'avenii .
LE DOCTEUR
Voilà qui nous réconcilie; et pour première preuve de votre obéissance, vous allez suivre
L'ECLAT DE RIRE
exactement les lois que je vais vous imposer. J'ai décidé qu'un voyage dans les Pyrénées vous était indispensable , et vous partirez prochainement pour les eaux de Bagnères.
M"<ï LAGRANGK.
Comment ! vous voulez...
LE DOCTEUR, avec conviction.
De ce voyage dépend votre guérison.
ANDRÉ, à part.
Qu'ai-je entendu, grand Dieu!
M"» LAGRANGE, avec lin soupir.
Mon pauvre André!
LE DOCTEUR,' sc levant..
Je comprends tout ce que cette séparation a de cruel pour vous ; mais, je vous l'ai dit, il faut absolument vous éloigner pendant trois mois... il le faut. A demain donc ma dernière visite et une confidence de moi que vous accueillerez, j'espère, avec bonheur. (Mouvement de surprise de la part de M"^^ Lagramje.) A demain I
Il sort.
M"e LAGRANGE, appelant.
Madeleine!... Ah! qu'André ignore cette ordonnance du docteur ! Dieu sans doute me tiendra compte d'un tel sacrifice.