SCENE vn
Les Mêmes, M"'^ LAGRANGE, ADÈLE. \ M""^ LAGRANGE, d'une VOIX faible. |
Eh bien 1 docteur, nous voici tremblantes, accablées , oh ! ne nous abandonnez pas !
LE DOCTEUR. î
Fiez-vous à moi, madame, et que le ciel nous , vienne en aide.
M™« LAGRANGE. '
Depuis trois mois je n'ai pas vu mon fils. i
ADÈLE. I
Depuis trois mois je n'ai pas vu mon ami.
M™6 LAGRANGE
Dans quel état, ô mon Dieu ! allons-nous le re- \ trouvrer ? j
ADÈLE. I
Nous reconnaîtra-t-il seulement? 1
MADELEINE
Je le reconnaîtrai bien, moi.
M"« LAGRANGE
Revenir à la santé, à l'espérance, et tout perdre i par une fatale révélation !
Je vous la devais, madame, mais à votre arrivée seulement; et si je vous ai trompée pendant votre i absence, c'est que votre vie était aussi en jeu. ;
M™e LAGRANGE. I
Espérez-vous, docteur? j
LE DOCTEUR
J'espère plus en Dieu qu'en mon expérience, , madame, la journée d'hier m'a paru moins agi- ' tée, son rire moins fréquent, moins convulsif, et c'est pour cela que je me suis décidé. !
M™« LAGRANGE , avec une profonde douleur.
Voir rire son enfant, et savoir que la torture le déchire !
On entend un violent e'clat de rire.
LE DOCTEUR
Silence ! je l'entends ! rentrons, rentrons, vite.
MADELEINE
Oh ! docteur, permettez-moi de rester, j'aurai du courage.
ADÈLE, se précipitant.
Oh 1 j'aurai du courage aussi, moi I
LE DOCTEUR
Non, Adèle, votre cœur se briserait.
ADÈLE
Oh ! par pitié, laissez-moi avec lui, docteur, laissez-moi avec André.
Eh bien soit, j'y consens, ce sera peut-être un
premier pas vers une certitude... Mais vous, vous seule d'abord.
Le Docteur et Madeleine soutiennent M™" Lagrange. Ils sortent tous trois.
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