SCENE PREMIERE
PIERRE, CHRISTOPHE. Paysans, puis LA MERE SERAPHLN.
Pierre, à la tête des paysans tyui entourent tumultueusement un courrier, descend la colline et entre sur le Iheatre. Musique.
PIEnUE.
C'est Christophe, mère Séraphin, Christophe de Verdun.
UÈRE SÉRAPUIN.
Christophe de Verdun!... où est-il?... ah! le voilà!... as-tu vu Antoine, Christophe, as-tu vu mon fils?...
CHRISTOPHE
Antoine? votre fils? non.
MËRE SÉRAPHIN.
Tu aurais dû le voir, le rencontrer... il est allé à Ciermont.
CHRISTOPHE
A Ciermont 1... Ah! mais je ne suis pas venu par la grande route, moi! pas si bête!... je suis venu par les bois, par les chemins détournés... il y a six heures que je marche... c'est-à-dire que je cours... car c'est pressé.
PIERRE
Mais allez donc, mère Séraphin, allez donc prévenir not' maître; vous entendez ben, c'est pressé.
MÈRE SÉRAPHIN
J'y cours, j'y cours. ( A part. ) Et mon Antoine, mon pauvre Antoine!... est-ce qu'il lui serait arrivé malheur?
Elle rentre à droite.
PIERRE, CHRISTOPHE, les Paysans.
Pourquoi donc que tu n'as pas pris par la grand' route, Christophe?
CHRISTOPHE
Je n'ai pas pu, à cause des Prussiens!...
PIERRE
Les Prussiens ! est-ce que tu les as vus?
CHRISTOPHE
Ils entourent Verdun !...
PIERRE
Et M. de Beaurepaire, le brave gouverneur?
CHRISTOPHE
Oh 1 tant qu'il sera vivant celui-là, les Prussiens ne prendront pas not' ville.
PIERRE
Je crois ben , c'est un lapin !.. . et un Français solide; mais puisqu'ils entourent Verdun, comment as-tu passé, toi ?
CHRISTOPHE
Moi!... à la faveur du brouillard donc! et puis, je sis pas gros.
PIERRE
Et ils ne t'ont pas vu?
CHRISTOPHE
Oh! que si!... et ils ont tiré.
Eh ben T
CHRISTOPHE
Eh ben, ils m'ont manqué. (7/ rit.) Ah! je
courais, nom d'un petit bonhomme! fallait voir! et me v' la , ma place sauve et mes dépêches aussi.
UN PAYSAN
Et quoi que ça dit, ça ?
Il montre les de'pêches.
^CHRISTOPHE
Tu es trop curieux, l'ami; je n'en sais pas plus que loi.
MÈRE SÉRAPHIN
V'ià M. de Malsanne!
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