SCENE VI
DE MALSANNE, CONSTANCE pleurant en silence, L'ENFANT.
DE MALSANNE, revenant.
Eh bien, chère Constance, tu pleures?...
Il vient s'asseoir près d'elle.
CONSTANCE
Nous voilà séparés !
Pour quelques heures seulement ; demain, au jour, je serai revenu.
CONSTANCE
C'est égal, je tremble!
DE MALSANNE.
Pourquoi?
CONSTANCE
Je ne sais... mais cette guerre qui gronde si près de nous, le danger d'une invasion toujours présente qui nous menace... le récit d'Antoine, et puis ce départ, la nuit... Georges, si je n'allais plus le revoir...
Kile se [iLnclie sur lui eu pleurant.
DE MALSANNE.
Enfant!
CONSTANCE
C'est vrai, je deviens peUlreiue!
DE MALSANNE. |
La femme d'un représentant... allons donc, ! sois donc raisonnable, forte et calme comme je t'ai toujours connue. Dans une demi-heure, je I serai aux Islettes; à présent la route est libre, il n'y a pas le moindre danger... l'ennemi se garderait bien de se hasarder dans ces bois, qu'il ne connaît pas; au milieu de ces fondrières où sa perte serait infaillible.
CONSTANCE
Mon ami, je n'ai pas de prières pour t'empêcher de faire ton devoir... mais, je t'en prie, ne va pas au delà ; songe que tu as une femme et un enfant !
DE MALSANNE.
Est-ce que vous n'êtes pas tous deux ma pensée de chaque jour, de chaque instant ? [Il prend son fils.) Cher enfant!... (// l'embrasse.) Si je suis fier de représenter mes concitoyens, c'est pour lui... c'est pour qu'un jour nos paysans disent en le voyant : tiens, voilà le fils de celui qui a défendu autrefois nos champs et notre liberté, de celui qui a combattu l'invasion avec nous, dans nos rangs I... c'est pour qu'un jour la mémoire de son père protège la tête de mon enfant.
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