SCENE IX
ANTOINE, entre en mangeant par le fond; puis CONSTANCE.
ANTOINE
Ah ! ils sont déjà bien loin !... Ma foi, faut avouer que not' maître est un fier homme; se déranger exprès, la nuit, pour des Prussiens; sans compter que voilà un orage soigné qui se prépare ; on parle de citoyen, en voilà un crâne 1... Comment qu'il a ditça?...» Il n'est jamais trop tard pour sauver desmalheureuxet épargner un crime à des Français.» Oh! je le connais, il les sauvera, il les sauvera !
Coup de loiiueire.
CONSTANCE, rentrant.
Quel coup de tonnerre affreux !... Cher enfant, il repose, et sur sa tête, le fracas de l'orage et de la guerre ; mais il n'a rien à craindre de Dieu, et il ne connaît pas encore la méchanceté des hommes. Antoine, ferme avec soin partout.
ANTOINE
Oui, not' sœur.
CONSTANCE
Partir... la nuit... par l'orage I...
ANTOINE , allant fermer au fond.
Ah! bah! dans une demi-heure, ils seront aux Islettes... Et puis, dites donc, not' sœur, s'il arrivait malheur a un si brave homme, il n'y aurait donc personne là-haut I... Avant de me coucher, '. ■ je vas voir si ma mère a besoin de moi.
Il se dirige Vers la gauche.
LES PRUSSIENS EN LORRAINE
CONSTANCE
Antoine, demain matin, de bonne heure, tu viendras me trouver, j'aurai à te demander un service.
ANTOINE
Je serai tout prêt, not' sœur, comme toujours.
CONSTANCE
Bonsoir; je vais tàclier de reposer.
Elli: fuiruà ùroilc.
ANTOINE, seul.
Ah! oui, reposer!... quand not' maître est dehors... la pauvre chère dame ! elle va prier toute la nuit... En v'ià une sainte! et bonne et douce! et qui aime ma mère, qui la soigne... comme si c'était la sienne propre!... dam.'... c'est tout comme, puisqu'elle l'a nourrie... à preuve que j' suis son frère... son frère d' lait!... c'est que ça compte, ça, pour l'amilié ! (Tounen-e.) Brrr!... que je jabotte... v'ià des grosses gouttes qui commencent à tomber joliment.
Il se sauve cl rentre a yauclie.
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