‹ Magasin théâtralChapitre 1203 sur 1711 · LE COMTE DE RUTNER · texte numérisé non relu

LE COMTE DE RUTNER

Oui, je veux être seul ; car seul, du moins, je puis donner carrière à ma haine et m'occuper des moyens de la satisfaire. {Il s'assied.) Ah ! tu refuses mes services, gouvernement ingrat! Eh bien! je ferai la guerre pour mon compte, et vous entendrez encore parler du vieux lion. [Baissant la voix.) Autour d'ici s'organise sourdement, par mes soins, un corps nombreux de partisans, gens déterminés, qui n'ont rien à perdre, tout à gagner, d'anciens hussards de la Mort, de mes braves à moi, dont on a méconnu les services, comme on méconnaît les miens. A notre dernière réunion, dans les ruines de l'ancien château de Reinsberg, plus de cinq cents sont accourus au rendez-vous que je leur avais donné : tous m'ont proclamé leur chef; tous ont juré de m'obéir. Au premier signal des hostilités, au premier coup de feu, ils se lèvent, ils m'appellent et je me mets à leur tète... Malheur alors à tout convoi ennemi, à tout corps isolé qui se laissera surprendre!... Ma vie va recommencer; la guerre avec les Français, guerre sans pitié ni pardon, 011 le plus brave est celui qui fait le plus de mal à son ennemi! {On ouvre la porte du fond.) Qui est là?

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