SCENE PREMIERE
ROUSSILLON, seul, assis près d'une table avec une bouteille de vin.
Il paraît que la course est longue pour retrouver le baron de Monnerais... Est-ce que j'aurais fait une bêtise?... Pas moyen de sortir... une fenêtre pour tout chemin... et trente pieds d'ici en bas sans chaussée ni trottoir... Si j'avais encore la corde de ce badigconneur qui pend à la fenêtre à côté... mais pas moyen de l'agripper... J'aurais peut-être tout aussi bien fait défiler avec l'argent des Lombard... mais c'est si lourd, ce gueux d'argent! j'en avais ma charge à le porter pendant la nuit, et c'est tout au plus si j'ai pu arriver jusqu'à la Tête-Noire et entrer sans qu'on devinât ce que j'avais sur le dos... C'est de l'or qu'il me faut, et le baron de Monnerais m'en donnera... Non, non, il ne sera pas assez bête pour me livrer à la justice... on s'entend mieux que ça entre honnêtes gens... S'il en sait assez sur mon compte pour me faire faire de la peine, j'en ai trop appris sur le sien pour qu'il ne perdît pas plus gros que moi à ce jeu-là. J'ai eu une bonne idée de lire les papiers que contenait celte cassette au moment où j'allais les jeter au feu... (// montra le papier.) C'est dix mille francs que le bon Dieu m'a envoyés avec cette idée-là. Dix mille francs d'une part, et quinze mille de l'autre... vingt-cinq mille francs... et une fois de l'autre côté de la frontière... oui; mais ça ne vient pas vite, l'autre côté... et ça commence à m'embêter d'écouter sonner les pendules... encore si c'était une montre, on la mettrait dans sa poche pour s'occuper. Si ça doit durer long-temps encore, j'aime autant y renoncer. {//a;jpe//e.)Garçon, garçon! Comment personne! .. .Attends', attendsl je le ferai bien venir.
11 tire tous les cordons de sonnette.
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