‹ Magasin théâtralChapitre 1291 sur 1711 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

GANACHINI, GOGO, entrant.

GANACHINI, apercevant Gogo.

Quelqu'un!... Monsieur!... iGogo fait une (jnjiibud'-.) Alil mun Dieu! c'est Gogo, il ne me com[)reiidr;i pas; {Appelant) Gogo! ici, Gogo! {Le singe a< court, puis a l'aspect du ventre énorme de Gan iclii'ii, il rcculeeffrayé et montre lesdents.)

Gogo, mon ami, n'aie pas peur! (le singe se rapproche tout doucement etsemblele reco7inaître.) Ahl tu me reconnais?... Écoute, mon ami; tu vas aller me chercher un médecin, tu lui diras... (Le singe se met à faire des culbutes et des gambades; il se couche par terre, lève la jambe et touche du pied le ventre de Ganachini.) Oui, c'est la qu'est mon mal ; c'est ce goulu de Bouriquet qui a trop bu de vin pour moi ; voyons, Gogo, un bon mouvement. (Le singe se relève tout d'un coup, tire son épée et la plonge dans le ventre de Ganachini; il en sortun énorme jet de vin. Gogo ôte son chapeau et reçoit le vin dedans, puis quand il est plein, il le dédouble et présente tin second chapeau, puis un troisième, un quatrième, etc., etc., et Ganachini se dégonfle peu à peu et reprend son aspect ordinaire.) Ah! merci, mon ami, merci, tu m'as rendu la vie en me perçant le flanc!... Que ne peux-tu me rendre aussi le mouvement ! mais il faut attendre pour cela le messager de la fée Colombe... Ah! mon Dieul qu'est-ce que je vois làî [Un énorme coq sort de la coulisse adroite et traverse lentement le théâtre ; à sa vue. Gogo s'est sauvé. )Q}x&\\e, volaille! grand Dieu! quelle volaille!... A quelle broche pourrait-on mettre ce poulet nouveau? (Le coq s'est arrêté au milieu du théâtre, a pondu un gros œuf et a disparu par la gauche.) Un œuf ! Ah! le bel œuf! un seul suffirait pour une omelette au lard... Si j'avais un painde quatre livres pourraouillette.. . {Gogo, qui est rentré, s'est approché de l'œuf, autour duquel il fait quelques lazzis; puis il le touche, le fait rouler, et finit par le casser ; il en sort un diablotin; Gogo se sauve, le diablotin saisit un bâton, court sur Ganachini, à qui il en administre cinq à six bons coups.) Ahl ah ! c'est le messager de la fée Colombe, c'est le remède qu'elle m'a promis... il est violent son remède... Ah ! assez, assez, je suis guéri!

II se sauve en courant, poursuivi par le diablotin, qui continue de le rosser. — Le théâtre change. — L'intérieur d'une tour servant de prison, une fenêtre grillée à droite, un tas de paille, un banc de pierre. Du pain, une cruche.

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