‹ Magasin théâtralChapitre 135 sur 1711 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les mêmes , M. DE MONNERAIS.

M. DB MONNERAIS , paraissant à la porte du fond. C'est inutile, madame!

M™e DE GÈVRES, has à Eugénie.

Il avait raison, tu vois ?

EUGÉNIE

Du courage, ma mère.

M. DE MONNERAIS, à part.

Maintenant, il faut frapper un coyp désisif et en finir de ce côté. Jules, allez tout faire préparer pour notre départ, nous quittons le château co soir même.

M™e DE GÈVRES.

Vous quittez ce château, monsieur?

M. DE MONNERAIS.

Je n'y puis demeurer plus long-temps, en présence des soupçons que vous m'avez montrés et en compagnie des nouveaux amis dont il vous plaît d'écouter les indignes suggestions; je ne puis non plus laisser ma pupille exposée à des intrigues qui ont pour but de lui enlever sa fortune, et auxquelles votre crédulité, madame, prête un appui dangereux.

EUGÉNIE

Je vous remercie de votre protection, monsieur; mais je ne l'accepte pas.

M. DE MONNERAIS.

Vous me forcerez donc à vous l'imposer : car j'ai résolu que dès ce soir vous quitterez le château avec moi.

EUGÉNIE

Me séparer de ma mère!

M"<= DE GÈVRES

M'enlever Eugénie !... Ah! monsieur, jamais... jamais... vous ne l'oseriez pas!... vous ne seriez pas si cruel !

M. DE MONNERAIS.

J'avais prévu cette résistance, et j'ai déjà prévenu les magistrats, afin d'obtenir d'eux l'appui nécessaire au maintien de mes droits de tuteur: j'ai une lettre du procureur du roi.

M™" DE GÈVRES

Quoi 1 monsieur, dans ma maison, une violence I

M. DE MONNERAIS.

Un acte légal, madame.

M™'^ DE GÈVRES

Et vous auriez recours à un pareil éclat?

Je puis encore vous l'épargner, si vous voulez me permettre d'avoir avec ma pupille un entretien qui la persuadera, j'en suis sûr, de la nécessité d'écouter mon avis. De cette façon, madame, je ne vous enlèverai pas votre petite-fille.

EUGÉNIE

0 ma mère, vous ne le permettrez pas !

M""^ DE GÈVRES

Il en a le droit, mon enfant, et alors je resterai seule... toute seule...

EUGÉNIE

Mais, ma mère... .

M^ne DE GÈVRES.

Il faut d'abord l'écouter... c'est ton devoir ; je ne te demande pas de te sacrifier... mais songe à ta pauvre vieille grand'mère... Sois soumise ; je te laisse un moment avec lui; je vais venir te reprendre.

EUGÉNIE , à Julienne.

Ce que je craignais est arrivé sa ; volonté n'a duré qu'un moment, et l'ascendant de mon tuteur l'a emporté facilçment!

JULIENNE

Mais vous...

EUGÉNIE

Oh! moi!... je résisterai... je vous jure... n'eussé-je que moi pour me protéger.

JULIENNE , à part.

Oh! oui, elle l'aime bien.

M""* DE GÈVRES

Reste, mon enfant... songe que, si tu devais partir, je n'aurais plus qu'à mourir.

EUGÉNIE, à Julienne.

Je vous en prie, ne la quittez pas.

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