‹ Magasin théâtralChapitre 1385 sur 1711 · M-« DANVILLE, JULIETTE, FÉLIX · texte numérisé non relu

M-« DANVILLE, JULIETTE, FÉLIX

entrant effaré ^ la cravate défaite y les cht'

\?eux hérissés.

JULIETTE et M""* BANVILLE. Ocielî...

FÉLIX. Silence!., femme respectable!..

Et vous, fille adorable... silence! ou je suis perdu.

M""* BANVILLE. Qui êtcs-vous , monsieur ?

FÉLIX. Qui je suis?...

JULIETTE. C'est M. Félix Bonhomme., son père l'a reconnu.

M"»e BANVILLE. Est-il pOSSiblc ?

FÉLIX. Oui : mais non pas ce Félix Bonhomme que vous vous étiez figuré , non pas ce Bonhomme doux et pacifique que l'on vous avait annoncé. . . Non ; mais un Félix Bonhomme qui a rompu tout pacte avec la société , qui s'est fait aussi grand qu'on a voulu le faire petit. . . Félix Bonhomme, né commerçant et devenu bandit, assassin. . . meurtrier ! . . .

JULIETTE, à part. Il est fou ! . . .:

M'"^ BANVILLE. Non... non... je ue puis croire...

FÉLIX. C'est-à-dire que je me,flatte...

non, femmes, ne le croyez pas.. Écoutez, on cherche un criminel...

JULiiîTTE, Ah! mon Dieu! ma mère...

M"«DA!VVILLE, tremblante. Oui, en effet!... les gendarmes... la justice...

FÉLIX , avec amer/urne. Oui, la justice des hommes, une justice assez injuste pour m'empêcher d'aimer en liberté... votre fille!

JULIETTE. , passant vers sa mère. Ah!... maman ! . . .

njme BANVILLE. Vous oseriez encore aimer ma fille?...

FÉLIX, à pari. Bravo !... elle commence à en avoir assez... (Haut.) Si je l'aime! comme un vrai scélérat que je suis.

M'"^ BANVILLE, se serrant contre sa fille. Juste ciel!...

FÉLIX. C'est moi que l'on conduisait aux assises de Seine-et-Oise , et qui me suis heureusement échappé de l'équipage de la justice pour venir réclamer la main de îna fiancée.

JULIETÏE. Moi! grand Dieu!

5ime DAivviLLE. Jamais! jamais! ne vous approchez pas... Ah! quel coup pour son père ! . . .

FÉLIX. Jamais!., l'ai-je bien entendu!., jamais!... Parce que je suis dans le malheur, vous croyez que c'est ime raison pour manquer à votre parole. Mais, songez-y donC; je suis dans la position la plus intéressante du drame moderne. Ah ! craignez de me pousser au désespoir. . . craignez d'exciter dans mon sein un ouragan que rien ne pourrait calmer...

M""« BANVILLE. Et personne ne vient !.. .

FÉLIX. Savez-vous ce dont je suis capable... quand on me résiste... quand on allume ma rage.. . Savez-vous que j'ai déjà... assassiné trois jeunes filles!...

M™* BANVILLE et JULIETTE. Ah!...

FÉLIX. L'une avec un mouchoir, l'autre avec du laudanum . . .

M"*» BANVILLE. Ah ! VOUS me faites horreur I...

JULIETTE. Je me meurs!...

FÉLIX. Et la troisième en l'embrassant.

Car sachez-le bien, ô ma fiancée, mon amour donne la mort î

M™* BANVILLE et JULIETTE. Au SCCOUrs!

au secours ! . , .

FÉLIX Silence, femme !.. silence, jeune fille!... Veux-tu perdre ton gendre?....

veux-tu assassiner ton fiancé ? Songe que la justice est là sous l'aspect cornu d'un gendarme qui réclame sa proie... Voudricz-vous, infâmes!... la lui jeter palpitante?...

W^" BANVILLE et JULIETTE, s*enfuyant.

Au secours ! au secours...

FÉLIX. A présent , criez tant que vous voudrez... mon effet est produit... elles m'ont en horreur... en exécration... et je puis me donner tout entier à la tante.

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