‹ Magasin théâtralChapitre 1393 sur 1711 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Georges MARTIN , Joseph MARTIN.

J. MARTIN

Monsieur... puis-je s.^voir à qui j'ai l'honneur...

Monsieur Martin.

J. MARTIN

C'est moi... mais je vous demande à qui j'ai Ihonneur...

G. MARTIN

Monsieur Martin.

J. MARTIN

Je sais bien que je m'appelle Martin ; je vous demande à qui j'ai l'honneur...

G. MARTIN

Ah !... Georges Martin.

J. MARTIN

Vous vous nommez aussi?...

G. MARTIN

Oui, monsieur.

J. MARTIN

Je ne suis pas surpris... il y a plus d'un... (il rit.) ah! ah! ah! qui s'appelle...

G. MARTIN , impatienté.

Venons au fait... Je demeure rue des Francs- Bourgeois-Saint-Michel.

J. MARTIN

Et moi, ruedes Francs-Bourgeois-au-Marais... Ceci est bizarre.

Je suis libraire...

J. MARTIN

Par exemple... voilà des rapports !... Nous sommes confrères...

G. MARTIN

Qu'appellez-vous, monsieur? Apprenez qu'il y a une distance énorme...

J. MARTIN

Entre le Marais et le Faubourg-Saint-Germain ; c'est connu.

LA CACHUCHA

G. MARTIN

Entre les chefs - d'œuvre sacrés qui emplissent mes magasins, et quelques romans immoraux qui courent les uns après les autres sur les rayons de votre boutique; n'importe... vous êtes libraire.

J. MARTIN

Au rez-de-chaussée seulement... je loue <les livres... Au premier, professeur de grâce et de danse... Lorsque j'étais encore dans mon printemps... j'eus l'honneur de figurer à l'Opéra. Air : Quel art plus noble et plus sublime.

Ça peut bien être une faiblesse,

Mais de tout temps je me suis dit

Que je devais de la jeunesse ,

Former et le corps et fesprit.

Aussi chez moi c'est la coutume ,

On en sort un liomme parfait

Aux prix de deux sous le volume

Et de douze sous le cachet.

G. MARTIN

Tout cela est étranger au motif de ma visite... Vous tenez des livres , et moi aussi... et il résulte de cette similitude de noms, d'états et de demeures, une foule d'erreurs fort désagréables... On s'adresse souvent à moi au lieu de venir chez vous, et vice versa.

J. MARTIN

Vous dites?

G. MARTIN

Vice versa.

J. MARTIN

Pardon , les idiomes étrangers sont de l'hébreu pour moi.

G. MARTIN, haussant les épaules.

Par une fatalité que ma fortune explique... car j'ai de la fortune...

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