‹ Magasin théâtralChapitre 1394 sur 1711 · MARTIN · texte numérisé non relu

MARTIN

Vous n'en êtes que plus estimable.

Quand il y a quelque chose à recevoir, on vient chez moi... quand on apporte, on va droit chez vous.

J. MARTIN

Je n'en ai jamais murmuré... ne m'en étant point aperçu.

G. MARTIN

Mais moi, monsieur, j'ai eu plusieurs fois occasion de m'en convaincre; je ne m'en suis pas plaint parcequ'il s'agissait d'objets de peu d'importance... et je suis au-dessus de ça... Mais aujourd'hui le fait est plus grave... on s'est présenté chez moi ce matin pour une somme de trois cent cinquante francs.

J. MARTIN

En effet...

G. M-ARTIN.

Oui, en un mandat que mon commis a eu la maladresse d'acquitter.

J. MARTIN

Comment... ce digne jeune homme ?..

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G. MARTIN

En conséquence , je viens moi-même au remboursement de votre billet pour vous instruire de tous ces quiproquos, et vous engager à les faire cesser.

Je vois peu de remède à ces méprises.

G. MARTIN

Rien de plus simple... Vous vous nommez Joseph et moi Georges... faites toujours précéder votre nom de l'initiale de Joseph , et qu'on s'adresse pour vous à J. Martin, comme pour moi à G. Martin.

J. MARTIN

Oh! permettez... permettez... Il y a beaucoup de personnes très bien élevées qui écrivent Joseph avec un G... c'est l'orthographe de M. de Voltaire... C'est comme gigot... qui prend indifféremment le G. ou le J... Consultez les plus célèbres cuisinières... on met gigot à toute sauce...

G. MARTIN

Je vois que nous aurions de la peine à nous comprendre... Brisons là, et comptez-moi le montant de ce mandat.

J. MARTIN

Aujourd'hui, impossible.

G. MARTIN

Vous n'avez pas trois cent cinquante francs?

i. MARTIN.

Ce n'est pas là la question... mais ma caisse n'est ouverte que trois fois par semaine... Hier elle l'a été toute la journée, et je ne déroge jamais à ces règles de ma maison de commerce.

Vous vous moquez, monsieur, et vous n'aurez pas l'indélicatesse de me faire revenir... Songez que j'ai pris un omnibus qui, de correspondance en correspondance , m'a conduit ici... ce n'est pas pour les six sols, je suis audessus de ça; mais je prodigue mon temps... et j'ai à expédier au plus tôt deux cents Cornélius Nepos... Enfin, monsieur, voulez-vous me payer, oui ou non?...

i. MARTI».

Non.... c'est-à-dire, oui: de deux jours l'un , quand vous voudrez, mais jamais le mercredi.

G. MARTIN

C'est ce que nous verrons.

AiB : De vous donner autant de peine.

A mon courroux quand je me livre Je suis terrible, et mon huissier Dès aujourd'hui va vous poursuivre, U saura vous faire payer !

J. MARTIN

Si vous vouliez écouter la prudence, Je vous dirais que d'abord il faudra ,

LA GACHUGHA.

Outre ie fond , que vous fassiez l'avance Des frais...

G. MARTIN

Je suis au-dessus de cela !...

ENSEMBLE

A mon courroux , etc.

J. MARTIN

A sou courroux quand on se livre , On a grand tort, et votre huissier Sans doute pourra me poursuivre , Mais non pas me faire payer.

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