‹ Magasin théâtralChapitre 1399 sur 1711 · FORTUNÉ, BERTRAND, FINOT · texte numérisé non relu

FORTUNÉ, BERTRAND, FINOT

FORTUNÉ

Elle est joliment gentille, c'te petite-là !...

BERTRAND

Nous sommes donc dans la grande ville de Paris , que les anciens appelaient Lutèce.... Lutetia Parisiensis...

FINOT

Vel Parisionim.

Il n'y a pas à s'en dédire... Quand j'y songe nous voilà séparés de nos frères et de papa.... nous voilà séparés.... (Regardant Finot qui pleure.) Qu'est-ce qu'il a donc, lui?

BERTRAND

Tu sais bien que Finot pleure tout de suite quand on lui parle de chez nous !

FORTUNÉ

Faut pas pleurer comme ça... notre papa et nos frères ne sont pas égarés.... nous les reverrons.

BERTRAND, pleurant.

Certainement... nous les reverrons.

FORTUNÉ

Comment ! et toi aussi , Bertrand! mais puisqu'on.... vous.... dit.... que nous les reverrons (Ils pleurent tous trois.) Que c'est bête! Allons, séchons nos larmes ; puisque papa est à la tête de dix garçons, il faut bien qu'il en envoie par-ci.... par-là... Encore... nous sommes les plus favorisés, nous qui venons chez M. Martin, que le ciel a doué, dit-on^ de la plus belle collection de livres de toutes dimensions.

BERTRAND

Et si les projets de papa se réalisent, nous serons nous-mêmes propriétaires de tous ces livres-là.

LA CACHUCHA

FINOT

Et nous les apprendrons tous par cœur.

BERTBA^D.

C'est si flatteur d'être savant !..

FORTUNÉ

C'est dommage que les femmes n'aiment pas le grec , ni le latin...

FIKOT.

Les femmes ! Fortuné, vous savez bien que papa nous a de'fendu de parler de ces choseslà...

BERTRAND

D'ailleurs , comment sais-tu que les femmes n'aiment pas le grec ?

FORTUNÉ

C'est Gothon... la fille de Pierre , qui me l'a dit...

FINOT

Pierre... le jardinier de papa. ?

FORTUNÉ

Justement... elle me prenait à part... et puis elle me disait : « Monsieur Fortuné , pourquoi donc avez-vous toujours le nez dans vos vilains livres... venez plutôt causer avec moi, venez... venez.. »

BERTRAND

Et tu y allais...

J'y allais... nous nous asseyions sur l'herbe...

FINOT

Et puis...

FORTUNÉ

Et puis... elle me disait toutes sortes de choses... et comme je ne comprenais pas... elle a osé m'appeler...

FINOT et BERTRAND.

Comment?...

FORTUNÉ

Je vous le donne en cent !... grand... grand serin !...

riNOT.

Enfin de quoi te parlais-t-elle ?.,.

FORTUNÉ

De l'amour...

KIKOT.

De l'amour !...

BERTRAND

Elle connaît l'amour?... Cupido, flamrtns el arcu ?...

FORTUNÉ

Très peu... parceque vous concevez que la fille d'un jardinier ça n'a pas fait ses études...

eeeeeeeeeeeeoeeeeceeeeoeeeeoeeeeeeeeooeeeasseeseeeeeeeeees

Les Mêmes , Joseph MARTIN.

J. MARTIN, entrant vivement.

Où sont-ils, ces chers enfants ! que je les embrasse?

FORTUNÉ , s'avançant.

De tout mon cœur.

J. MARTIN, les embrassant.

Ils sont charmants !... comme ils ressemblent;! leur père!... (àFinot. ) celui-ci surtout... (à Fortuné.) ah!... et celui-là aussi!... c'est étonnant comme il ressemble à son père... c'est bien un Birotteau... ( à Bertrand.) ah! pour celui-là, ma foi ! c'est à tomber à la renverse... c'est frappant !... vous ressemblez tous à votre père d'une manière surprenante , et cependant... il est plus grand que le plus petit... maisil est plus petit que le plus grand... et pourtant... il n'est pas de la taille de celui du milieu... airangez ça... enfin... vous vous ressemblez tous les trois comme quatre gouttes d'eau... ou plutôt... comme quatre gouttes de lait... Ah çà ! mes enfants , vous savez que vous êtes ici chez vous.. .M. Birotteau a dû vous dire qu'on ne se gênait pas avec moi.

FORTUNÉ

Ainsi vous voulez bien nous loger?

BERTRAND, avec intention

Nous éclairer?

FINOT

Et nous nourrir.?

Nous avons beaucoup entendu parler de vous.

Air du Chevalier d'honneur.

Vous avez su , c'est l'avis de mon père , Vous élever, grâce à votre talent , Au-dessus de plus d'un confrère.

J. MARTIN

Ah! je suis bien lourd à pré-sent.

FORTUNÉ

L'esprit se fatigue et s'arrête , Quand on s'en sert avec éclat.

J. MARTIN

Je vous réponds que mon état N'a jamais fatigué ma tête.

BERTRAND

Ça prouve qu'elle est solide... car, j'en suis sûr, chaque jour votre imagination fait un nouveau pas.

J. MARTIN

Mon imagination se repose... d'autres sans moi s'agitent assez! témoin le Zapatcado... et l'infernale Cachucha...

TOUS TROIS

Nous ne connaissons pas.

J. MARTI?*

Je vous en félicite

Nous comptons beaucoup sur votre bienveillance... loin de la maison paternelle, privés de notre bonne mère...

). MARTIN

Je conçois vos douleurs!..

FORTUNÉ

Car nous n'avons plus de mère!... oh! dai {Tuez nous en servir!... adoptez-nous!... Pont reconnaître un si grand bienfait, nous vous couvrirons de bénédictions, et, quand la

LA CACHICH».

LA CACHUCHA

Parque aura tranché le fil de vos jours , nous jeJterons des fleurs sur votre tombe.

J. MARTIN

Quel avenir enchanteur!... Pauvres orphehns, je suis ému!., votre voix s'est introduite au fond de mon cœur ; mais, pour vous prouver ma tendresse , je vais vous faire voir quelque chose qui vous flattera l'œil.

TOUS TROIS

Quoi donc?

J. MARTIN, indiquant une porte latérale. Regardez.

FORTCNÉ, regardant ainsi que ses frères. Saperlotte ! les belles femmes!

BERTRAND, à part.

Papa ne nous 'avait pas dit... C'est une surprise.

eosooeoeeeeoeeeesoeeeeeoeosoeeoooeoeeeeQeosaesseeeeepooase

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