SCÈNE XIII
JEANNETTE, puis FORTUNÉ, FINOT, BERTRAND.
Ah ben !... notre maître, qu'est-ce qu'il va dire? c'est que les comestibles sont joliment avariés à présent... (Regardant de coté.) Tiens, v'ià les trois jeunes {jens!... oh!... comme ils sont rouges! Voyons donc un peu ce qu'ils
vont dire.
( Elle se retire au foinl et ccoiuc.)
LA CACHUCHA
LES TROrS JEUKES GENS.
Air : Folie, orgie.
Folie , Orgie , Versez tout plein !
La t.ible Rend aimable, Et nous met tous en tr.iin.
FORTU^"É , à ses frères.
Hein ! ro'avez-vous remarqué?... je crois que j'ai été un peu aimable !
BERTRAKn.
Et moi qui leur ai répété la Batrachomyomachie d'Homère en grec... ça a paru beaucoup les amuser... elles riaient à se tenir les côtes...
FINOT
Moi, j'ai bien mangé.
C'est égal, j'avais besoin de prendre Tair.
BERTRAND
Et moi aussi.
FINOT
Moi , j'étouffais; la salle du père Martin est trop chaude.
FORTUNÉ
Ignorants!... ce n'est point à la salle à manger que vous devez cette chaleur.
BERTRAND et FINOT.
A quoi donc ?
FORTUNÉ
Vous êtes amoureux... et moi pareillement.
BERTRAND et FINOT.
Ah! bah!
JEANNETTE , à part.
Eh ben ! j'ai joliment réussi.
FORTUNÉ
J'ai lu dans vos cœurs au travers du mien... l'innocence et la simplicité de ces trois jeunes filles nous ont fascinés... nous sommes fascinés.
JEANNETTE , à part.
Courons vite prévenir ces demoiselles.
(Elle sort.) BERTRAND.
Comment as-tu découvert?...
Du moment où j'ai saisi la main d'Anita... j'ai éprouvé un frisson dans tout mon individu.
BERTRAND
Comme moi quand j'ai pris celle de Julie.
FINOT
Et moi celle d'Aménaïde.
FORTUNÉ
Vous le voyez, nous sommes amoureux... car j'ai observé en vous, comme en moi, tous les symptômes dont m'avait parié Gothon.
FINOT
La fille du jardinier.
FORTUNÉ
Chut!... j'entends ces demoiselles !...
FINOT et BERTRAND.
Que faire?...
FORTUNÉ
Il faut les fasciner à leur tour!...
FINOT et BERTRAND.
Comment ?...
FORTUNÉ
Je ne sais pas... mais c'est égal... fascinonsles toujours...
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