SCÈNE XVIII
Les MÊMES , JEANNETTE.
JEANNETTE
Monsieur, une lettre.
G. MARTIN
Est-elle bien pour vous?
JEANNETTE
J'en réponas. ( Bas aux demoiselles.) C'est de vos amoureux.
J. MARTIN
Que vois-je? on demande mes filles en mariage.
LES TROIS DEMOISELLES
En mariage!
IG
LA CACHUCHa.
J. MARTIN
Oui, mes enfants; ces trois jeunes militaires à qui je donnais des leçons l'an dernier...
ANITA
Est-il possible!
J. MARTIN
Ils ont leur congé; et dès qu'on l'a su , Musard, Valentino et le Jardin-Turc leur ont fait des propositions; on se les arrache : les musiciens sont maintenant hors de prix. Aussi, je les accepte pour gendres.
LES TROIS DEMOISELLES
Oh ! merci, papa.
J. MARTIN
Maintenant, homme mal élevé, vous pouvez emporter vos provinciaux; mes filles sont pourvues, ils me seront inutiles ; dès que le contrat sera signé et que mes gendres auront versé la dot brillante qu'ils doivent naturellement apporter à mes filles , ma caisse sera ouverte , et vous rentrerei dans vos trois cent cinquante francs.
eQs
FORTUNÉ, à G. Martin.
Vous êtes donc réellement l'illustre li braire?...
G. MARTIN
Eh ! oui ! Vous ne refusez plus de nie suivre ? à la bonne heure ! je vous apprendrai à échapper aux embûches que l'on tend à la vertu dans cette ville immense qui sera long-temps un labyrinthe...
Surtout pour vous, jeunes gens, qui n'avez pas le fil !... J'ai ressaisi ma gaîté !
ANITA
Maintenant que nous avons des maris, mon papa, j'espère que nous pourrons danser la Cachucha.
J. MARTIN
Tant que vous voudrez.
LES TROIS JEUNES GENS, à G. Martin.
Oh! oui, oui! VOUS allez voir !...
(Les six jeunes gens dansent la Cachucha; G. Martin , qui semblait persister à les emmener, reste, et témoigne la satisfaction que lui font éprouver les danseurs. — La toile tombe.)