‹ Magasin théâtralChapitre 1467 sur 1711 · DEUXIÈME COUPLET · texte numérisé non relu

DEUXIÈME COUPLET

On peut oublier en buvant

Le faux ami qui vous délaisse ;

On oublie aussi que Souvent

On est trahi par sa maîtresse (liis).

Oui, tout s'embellit à nos yeux,

En rose alors tout se colore,

Plus de désirs ambitieux.

Pas un regret qui nous de'vorc.

Peines, chagrins, tout s'évapore

Verse, ami, verse, verse encore

C'est l'ivresse qui rend heureux

SATANOR, à par Le voilà comme je le voulais.

NOUVEAU REPERTOIRE DRAMATIQUE

BIJOU, chancelant.

C'est singulier, il me semble que ma tête s'enflamme, que mon imagination s'exalte... Oh ! que je voudrais être sur un beau vaisseau qui me porterait au bout du monde, qui me conduirait dans des climats nouveaux!

SATANOR.

Qui t'en empêche?

BIJOU

Puisque je vais me marier: en quittant ces lieux je craindrais d'aflligcr ma bienfaitrice, celle qui m'a recueilli quand j'étais malheureux; et puis, je l'aime.

SATANOR.

Bah! lu le crois... tu prends pour de l'amour un caprice, un goût éphémère.

BIJOU

Que je serais heureux de recommencer mes caravanes, d'avoir des aventures romanesques, car moi, je suis né pour les grandes choses ; on me l'a toujours dit.

SATANOR.

Ce n'est pas en restant ici que tu les accompliras.

BIJOU, s'animant.

Ohl si je pouvais m'en aller! mais je suis gardé à vue. Dahlia , qui connaît mon caractère léger, me tient enfermé dans ce palais.

SATANOR.

Elle te traite donc comme un enfant?

BIJOU, s' exaltant un peu Au fait, je suis mon maître, je ne vois pas pourquoi on me retiendrait ici de force.

SATANOR.

A la bonne heure! voilà parler en homme! BIJOU, toujours plus échauffé.

Si je veux m'en aller, moi, que m'importent les richesses et les honneurs sous lesquels on veut cacher mes chaînes?... tout cela ne vaut pas l'indépendance... Oh ! l'indépendance! pour moi, c'est le vrai bonheur, c'est l'air, c'estla vie! Mais toutes les issues sont gardées; comment sortir?

SATANOR.

En mettant le feu au palais.

BIJOU, revenant à lui.

Oh! quelle horreur! ruiner ma bienfaitrice!

SATANOR.

Ses richesses sont immenses, elle en fera rebâtir un autre.

BIJOU

Exposer sa vie peut-être.

SATANOR.

Ses esclaves la garantiront. Courage, jeune homme, avant tout la liberté ! buvons à ta délivrance !

BIJOU

Oui, buvons à ma délivrance.

Il tend la coupe, Satanor verso; rlinnlanl.

Quel bonheur de quitter ces lieux !

Qu'importe qu'ici l'on m'adore.

Au loin je serai plus lieureux.

Pas un regret qui me de'vore.

Peines, chagrins, tout s'évapore.

Verse, ami, verse, verse encore.

C'est l'ivresse qui rend heureux.

En chantant ces derniers vers. Bijou lève la coupe en l'air, Satanor se tient derrière et fait un geste diabolique, la coupe s'enflamme et lefeuprend au berceau de bambous.

SATANOR.

Voilà ce que je voulais.

BIJOU, se retourne et voit l'incendie s'étendre avec rapidité vers le bâtiment principal.

Ah! malheureux! qu'ai-je fait? Dahlia! ma bienfaitrice! au secours! au secours!

Il sort en courant.

SATANOR.

Il est trop tard... cette étincelle va produire un incendie général.

Satanor fait une conjuration; des monstres traversent les airs en vomissant des flammes; d'autres s'e'lancent des entrailles de la terre ; la dalle qui a livré passage à Satanor quille le sol et se change en colonne de feu, du haut de laquelle Satanor préside à cette scène infernale ; le jardin, le palais, tout est en feu ! l'édifice disparaît ; et à la place, on ne voit plus qu'un vaste incendie. Bijou rentre avec les esclaves, portant des vases et des seaux.

CHOEUR

Au feu ! au feu ! au feu !

Sonnez les cloches de détresse!

Quel malheur ; ah! grand Dieu!

Le palais est en feu!.'!

Bijou se jette à travers les Jlammes ei sort en courant du côté du palais j les esclaves çui restent en scène vont puiser de Peau à une cascade naturelle, placée à droite, et courent la jeter sur les parties enflammées ; mais Satanor commande, et par son affreuse puissance, l'eau se change en feu. C'est de la lave en fusion que l'on jette. Tumulte, cris, désordre , perturbation générale.

15IJ0TJ, OU L'ENFANT DE PARIS

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