SCENE III
ALBERT, ISABELLE
ISABELLE
Enfin que vous est-il arrivé?
ALBERT
Le pouvoir sur lequel je comptais m'échappe... la sorcière a voulu me faire renoncer à vous... il fallait l'épouser pour lui rendre la jeunesse et partager sa puissance, j'ai refusé... je m'en suis fait une mortelle ennemie.
ISABELLE
Pour moi vous avez refusé un pouvoir aussi grand... mon amour pourra-t-il reconnaître tant de générosité?
Pour lui je rejetterais toutes les félicités du monde; mais ce que je crains, c'est que la sorcière ne prête à nos ennemis l'appui qu'elle nous avait donné.
ISABELLE
Et c'est moi qui causerais votre malheur I... si l'on vous saisit... [Sottinez est tout-puissant j l'inquisition est redoutable.
ALBERT
Je brave ses tortures.
ISABELLE
Non, c'est à moi de vous laisser libre 1
ALBERT
En épousant Sottinez?
ISABELLE
Non... mais en quittant cette vie, où je ne puis vous rendre heureux.
Elle court vers le puits; mais à l'instant il se transforme en une riche estrade, sur laquelle est placée une jeune fille : c'est la Folie.
LA FOLIE
Albert , en refusant la vieille sorcière , tu as refusé la fortune, et la fortune c'est le bonheur; en préférant ta maîtresse à de l'or, tu as fait, selon l'opinion de bien des gens, une folie; toi jeune fille, en voulant te donner la mort, tu pro- , jette une folie plus grande encore: U est juste
LES PILULES DU DIAIÎLE
que la Folie vous vienne en aide; c'est moi qui vous protégerai maintenant; mais comme, si je vous quittais, je pourrais bien vous oublier... je remplacerai Paquita... Oui, ma belle Espagnole, je me mets à votre service pour toute la journée... Mais voici vos jaloux qui viennent de ce côté avec une troupe d'alguazils... Rentrons, je vous expliquerai mes projets.
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