UN HOMME DU PEUPLE
Il a raison... à bas les alguazils!
On se jette sur les soldais, qui prennent la fuite; le marchand de vin prend les lanternes et rentre chez lui.
MAGLOIRE, les suivunt d'abord.
Merci, brave peuple I merci, Navarrois et Castillans ! rossez ces drôles-là et protégez un malheureux jeune homme qui ne peut faire un pas sans être arrêté par quelque anicroche. A-t-on idée de cequi m'arrive!... c'est à dégoûter du service; j'ai envie de donner ma démission. BABii.AS, entrant sans voir Magloire.
Je crois que Paquita m'a joué quelque tour... je n'ai trouvé ni Seringuinos ni Soltinez; la porte de la maison est ouverte, les alguazils sont partis; il n'y a pas de doute, les oiseaux sont dénichés. {Il va s'asseoir sur le banc où est Magloire.) Reposons-nous un peu, il n'y a pas de jambes qui résisteraient à un pareil métier. >
La pierre du Lanc glisse, j<.-tte Bahilas sur Magloire, qui tomhe à terre.
MAGLOIRE
Qu'est-ce que c'est que ce butor? Animal, estce qu'on se jette ainsi sur le monde? Tiens, c'est BabilasI
BABILAS.
Tiens, c'est Magloire !
MAGLOIRE
Ah çà, pourquoi que tu me pousses comme ça 2^
RABILAS.
Est-ce que 'je sais, moi? J'étais là assis tranquillement.
Il se remet.
MAGLOIRE
Et moi , j'étais là aussi. {Il se rassied. Même jeu du banc; Magloire tombe une deuxième fois.) Ah ! petit sournois, tu crois donc que je n'ai pas été assez battu aujourd'hui? Attends! attends! Il se jette sur Bahilas et le prend aux cheveux.
MAGLOIEE.
Air de la belle Ecaillcre.
Il faut ici que je t'assomme.
Vit-on jamais un pareil animal Se jeter ainsi sur un homme?
C'est vraiment un. peu trop hrulal.
BABILAS.
Je vais bien te rosser, ma foi.
M.^GLOIRE
Viens-y donc, toi ?
BABILAS.
Bon ! attends-moi.
BABILAS et MAGLOIRE.
Il faut ici que je t'assomme, etc.
RODRIGUEZ et LES ALGUAZILS, arrivant.
De par la loi, moi, je vous somme De cesser ce comhat brutal.
Holà ! si l'un de vous s'assomme, J'en vais dresser procès-verbal.
BABILAS.
Tenez-le bien... c'est un fou furieux.
MAGLOIRE
Il m'a jeté deux fois du haut de ce banc.
RODRIGUEZ
Jeunes hommes, calmez-vous; je n'approuve pas les combats, et je vous exhorte à rengainer vos coups de poings.
BABILAS.
Moi, je ne lui en veux pas.
Je l'ai un peu battu, je suis content.
BABILAS.
A preuve que je ne suis pas fâché , c'est que je paie une bouteille de Porto; acceptez-vous, militaire?
RODRIGUEZ
Fort volontiers, puisque cela vous réconcilie.
BABILAS.
Entrons là.
A peine sont-ils entrc's que la boutique du marchand de vins se change en celle de l'apothicaire et celle de l'apoticaire en marchand devins.
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