‹ Magasin théâtralChapitre 1511 sur 1711 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

L\ FOLIE, SOTTINEZ, SEMNGUINOS, BABILAS, RODRIGUEZ , ALGUAZILS.

LA FOLIE

Entrez, entrez, messeigneurs.

SEP.INGIIINOS.

Vous (lirez ce que vous voudrez, mon futur gendre; mais je suis creinté au moral ainsi qu'au physique ; je ne connais pas de cathcdi aie qui possède autant de cloches que moi .. et toi, Babilas?

BABILAS.

On userait des jambes de chameau à faire ce métier-là.

RODRIGUEZ

Je ne sens plus ni ma langue ni mes bottes.

SOTTINEZ.

Quand je de\rais f;iire toutes les étapes du juif errant, je rattraperai Isabelle, ou j'y perdrai mon nom.

SERINGUINOS.

Comme j'y perdrais ma rate, j'y renonce.

II b'asaied.

RODRIGUEZ

J'avoue qu'une chaise a pour moi des charmes irrésistibles.

Il s'asàietl.

SOTTINEZ.

Est-ce que vous allez rester là 7

SERINGUINOS.

Écoutez, Sottinez : je suis père, je pourrais même être grand-père, et j"ai les jambes dé mon emr.loi, vous mon cher g ndrc, qui êtes taillé en cerf, courez après les fugitifs. Je vous permets d'emtnener Babilas; comuie je le paie pour tout faire, il n'a rien à dire.

BABILAS.

Je déclare à la face du seigneur Seringuinos que je serais incapable d'attraper une écrevisse ou un fiacre à la course.

SOTTINEZ.

Allons, reposez-vous donc; mais je vous préviens que je ne vous accorde que vingt-neuf minutes pour boire, manger et dormir.

BABILAS.

Je forai observer à votre seigneurie que nous n'aurons que le temps bien juste de nous livrer à un seul de ces exercices.

SOTTINEZ.

Eh bien ! choisissez.

Je mange!

RODRIGUEZ

Je bois.

SERINGUINOS.

Moi, je dors.

LA FOLIE

Que désirez-vous, seigneurs cavaliers? Bon vin, bonne table, bon gîte et bonne mine/... voilà ce que Zanetla olîrc toujours à ses hôtes.

SLRINGUINOS.

Je donnerais ma pharmacie pour un lit, fût-il de sangle.

BABILAS.

Et moi, mon cher maître, je donnerais tout ce que vous possédez... pour un civet.

LA FOLIE

Comme je vous le disais... mon vin est excellent, mais on a vidé ce matin ma dernière bouteille; mou cuisinier sort de chez un archevêque,

mais on a épuisé toutes mes provisions; enfin, la reine n'a pas de lits plus mollets que les miens ; mais tous mes matelas sont à carder.

SERINGUINOS,

Ah ça! dites donc, il paraît que vous n'avez à nous servir que de la bonne mine?

SOTTINEZ.

Alors, remettons-nous en route.

Du tout; il y a sur l'enseigne : Ici on boit, on mange, et on loge à pied ou à cheval... Mais, malheureuse femme, c'est pour que tu obéisses à ton enseigne que le gouvernement te permet de lui payer tes impositions, ta patente et tous lesdroitsréunis.

RODRIGUEZ

Je partage l'avis du prcopinant... cette femme ment évidemment, et en ma qualité d'œil du gouvernement, je vais inspecter rigoureusement tout l'établissement.

SERINGUINOS.

Je vous suis.

BABILAS.

Nous vous suivons.

SERINGUINOS.

II me faut mon lit.

BABILAS.

Il me faut mon civet.

SOTTINEZ.

Vous n'avez plus que vingt-trois minutes.

KODRIGCEZ.

Marchez devant, hôtellière.

LA FOLIE

Ils vont m'amuser.

Air de Changée en nourrice (Porte-Respect). Oui, niettous-noiis enchâsse, Fouillons Lion chaque place, Jnspeclons ious les coins ; Malgré lj ménagère, jNous saurons, je l'espère.

Suffire à nos besoins !

BABILAS.

Cherchons dans les assiettes ; Moi, je Veux jusffu'aux miettes,..

SERINGUINOS.

Je veux un traversin !

BODRIGUEZ.

Avant (le passer outre.

Allons voir dans son outre S'il reste un peu de vin.

LA FOLIE

Oui, mettez-vous en chasse, Fouillez-hien chaque place.

Inspectez tous les coins ; Mais vous aurez heau faire, Vous ne pourrez, ^'espère, Suffire à vos hesoins.

Ils sortent. Sottinez reste seul.

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