UN PORTEUR
Notre bourgeois, si vous êtes content, n'oubliez pas les porteurs... quelque chose pour boire.
SERINGUINOS.
Quelque chose pour t'ctrangler plutôt, misérable.
LE PORTEUR
Nous sommes pourtant venus bon train.
SERINGUINOS.
Va-t'en de même, ou bien..!
LE PORTEUR
Cependant il faut qu'on nous paie, ou n,ous allons vous ramener où nous vous avons pris.
Du tout! du tout! j'aime encore mieux payer. Tenez, voilà six maravédis... si jamais on me voit reprendre vos voitures 1 [Les porteurs sortent avec la chaise. ) Si c'est une nouvelle invention, je crois que ce moyen de transport aura peu de succès.
BABILAS.
Mais pourquoi vous étes-vous mis dans celte chaise?
SERINGUINOS.
C'est Sottinez qui, rayant pitié de ma faiblesse, avait fait avancer ces hommes... il ne croyait sans doute pas cette loi^omotion aussi fatigante ; Babilas je veux me reposer.
Ses jambes ploient.
BABILAS.
Oiiça? pas une chaise, pas un banc.
SERINGUINOS.
Babilas, je ploie sous le fardeau de mes malheurs.
BABILAS.
Venez à la maison.
SERINGUINOS.
C'est ça, pour entendre les propos de tout le quartier sur mes infortunes de famille ! Je vais demander un asile à Bcrnadille, le maître de cette maison de santé... c'est une de mes pratiques... frappe à la porte, Babilas.
Babilas va Irapper.
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SGE]NE m.
Les Précèdens , BERNADILLE.
BEBNADILLE.
Bonjour, seigneur Seringuinos ; que voulez-vous de moi?
SERINGUINOS.
Mon cher ami, je voudrais me reposer!...
BERNADILLE.
Donnez-vous la peine d'entrer...
SERINGUINOS.
Je voudrais me reposer toute la journée, toute la nuit, et recommencer demain... il me semble que je dormirais mille et une nuits sans m'arrêtér.
BERNADILLE.
Très-bien, très-bien... tant que vous voudrez... Vous êtes donc bien fatigué?
SERINGUINOS.
.Je suis rompu... et si je me tiens debout pour vous parler, c'est par décence... et parce que lîabilas me soutient... N'est-ce pas, Babilas que je suis bien pesant?
BABILAS.
Pesant n est pas le mol, vous êtes crcintant... si
ça vous était égal d'entrer pour finir la conversation, ça m'irait assez...
SERINGDINOS.
Un seul mot, Babilas... Seigneur Bernadille... je VOUS demande une chambre... en payant, s'entend... mais une chambre dans laquelle on n'entende pas voler une 'mouche... j'ai besoin de silence... j'ai tant vu de choses... j'en ai tant entendu, que j'ai besoin d'un calme aussi plat que possible.. .
BERNADILLE.
Voici une chambre qui donne sur ce jardin... je vais vous la donner... il n'y a dans cette partie de la maison que des paralytiques qui font peu de bruit, comme vous pensez...
SERINGÏÏINOS.
Leur société me serainfiniment agréable... Entrons, Babilas...
Ils entrent avec Bernadille dans la maison.
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