‹ Magasin théâtralChapitre 157 sur 1711 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, BIDAUT.

BIDAUT, à Marie.

Eh ! je ne me trompe pas , c'est la charmante M"° Marie que j'ai l'honneur de saluer ! MARIE, à part.

Ciel! M. Bidaut! (Haut.) En effet. Monsieur; mais, veuillez m'excuser, il faut que je m'éloigne...

DUVAL, ù part.

Quel est cet homme?

IJIDALT.

Déjà ! quand je m'applaudissais de rencontrer un plaisir, un bonheur, où je ne venais chercher que des aflaires !

MARIE

C'est par hasard, Monsieur, que je me trouve ici. Mon oncle est...

lîlDALï.

Garçon de recette, je sais cela... Mon frère est un des principaux administrateurs de la Banque, et si vous désirez obtenir par sa position, par son crédit...

DUVAL , se plaçant entre eux deux.

M"* Marie n'a rien à solliciter. Monsieur. Son oncle n'attend d'avancement que de ses services, et non de la faveur...

MARIE

Joseph!..

BIDAUT, le regardant avec son lorgnon.

Qui ètes-vous , mon ami ?

DUVAL

Je suis...

BIDAUT

Ah! je vous reconnais! vous êtes un de nos employés, le numéro un, je crois... Eh bien! monsieur le numéro un , vous aurez à toucher aujourd'hui chez nous une très forte somme, et je vous recommande...

DUVAL

Je ne reçois , Monsieur, de recommandations que de mes chefs. Je me nomme Joseph Duval et je suis le fiancé de 11'"= Marie.

BIDAUT

Son fiancé ! je vous en félicite.

DUVAL

Trêve de complimens , Monsieur !

niDAUT, à Marie.

C'est la première fois. Mademoiselle, que

«®j aniie commune , me l'a toujours laissé igaorof .

DUVAL

j C'est qu'apparemment , Monsieur, Henriette, j votre amie commune, a sagement pensé que cela ne vous intéressait pas.

BIDAUT

Tout le monde n'est peut-être pas de votre avis, monsieur le numéro un!

DUVAL , avec colère.

Encore une fois. Monsieur, je me nomme Joseph Duvul.

MARIE , se plaçant entre eux.

Messieurs!.. (A Bidaut.) J'ignore ce qu'a pu vous dire Henriette... C'est une bonne fille, dont le cœur est excellent, mais dont la tète est souvent légère... et sans la reconnaissance que m'imposent des services...

DUVAL » à part.

Encore !

BIDAUT, avec empressement.

Des services que votre noblesse d'àme exagère. Vous ne devez rien à Henriette , je vous jure!..

MARIE

Que voulez-vous dire , Monsieur?

BIDAUT

Rien, sinon qu'elle est assez payée par le bonheur de vous être utile... (Bas.) et que je m'estimerais trop heureux de pouvoir faire pour vous... mille fois plus... que n'a fait M"" Henriette.

MARIE

Monsieur, je ne sais...

DUVAL

Marie , vous oubliez que votre tante est malade et qu'elle vous attend. Vous désirez , j'en suis sûr, que cet entretien finisse ; et je désire ^ moi, (A Bidaut.) qu'il ne se renouvelle pas.

(Il prend Marie par la main , Bidaut la salue.) BIDAUT, à part.

Décidément monsieur le numéro un est jaloux!.. Tant mieux! j'aime les obstacles ; c'est plus piquant!.. Maintenant, vienne cet homme qui m'a promis son aide, et je suis sûr du succès! (Il sort après avoir salué de nouveau.)

Page 1