‹ Magasin théâtralChapitre 1627 sur 1711 · MONTALAIS, LÉON, LE MARQUIS, LUCIE, LE CONSEILLER, LOUISE · texte numérisé non relu

MONTALAIS, LÉON, LE MARQUIS, LUCIE, LE CONSEILLER, LOUISE

LE CONSEILLER, à Lucie.

Ma chère Lucie, comment te trouves-tu? La vive émotion que tu as éprouvée lorsque monsieur le duc t'a été présenté, ta pâleur subite m'avaient fortement alarmé.

LUCIE

Rassurez-vous, mon père, je me sens beaucoup mieux. [A part.) Plus je le regarde, et plus je me jjis que je ne me suis pas trompée.

LÉON, à Lucie.

Mademoiselle, suis-je assez malheureux? Mon plus cher désir était d'assurer à jamais votre bonheur, de vous consacrer tout mon amour, et lorsqu'il m'est permis de contempler tant de charmes, ma présence vous cause une agitation qui alarme mon cœur et vient détruire mes espérances de félicité.

LDCIB, à part.

Le même son de voix... Mais c'est lui, c'est Adrien! (Haut et avec embarras.) Monsieur le duc...

LE CONSEILLER, vivement.

Mais vous-même, monsieur Léon, en voyant ma Lucie, vous n'avez pas été maître d'un trouble et d'une surprise qui ne m'ont pas échappé... (A Eosebois.) Marquis, c'est bien naturel chez deux jeunes gens qui vont signer leur contrat de mariage et qui se voient pour la première fois. LUCIE, à voix basse.

Monsieur le duc, c'est la première fois que nous nous voyons?

LÉON, balbutiant.

Mademoiselle, je n'avais pas encore eu le bonheur...

LE MARQUIS, à d'Orbesson.

Votre charmante fille a besoin de prendre un peu de repos; nous allons la laisser aux soins de la bonneLouise. Le notaire, quenous avens amené de Paris, nous attend dans mon cabinet; si vous y consentez, nous irons prendre lecture du contrat...

LE CONSEILLER

Volontiers. Louise, je te confie ta sœur de lait: tâche de ramenersoii aimable gaieté. (Embrassant sa fille sur le front.) Ma fille, songe que ton père veut que tu sois heureuse.

LE MARQUIS, à LéOH.

Monsieur le duc veut-il nous accompagner?

LÉON

Vous avez été pour moi un second père. Assurer par tous les moyens qui sont en mon pouvoir, le bonheur à venir de M"e d'Orbesson est mon unique désir : je ne -puis remettre en des mains plus dignes de ma confiance de si chers intérêts. Je vous laisse, messieurs. (Allant à Lucie et lui baisant la main ) Lucie, c'est vous seule qui prononcerez sur ma destinée.

Il s'éloigne Icatenient en regardant toujours matlenioisc.lf d'Orbesson.

LUCIE, à part.

Lucie, a-t il dit! Quels regards il jetait sur moi!

Ses yeux sont baignés de larmes ! Il faut que j"é-

claircisse cet étonnant mystère.

Le Marquis cl le Conseiller sont sortis par ia porte à droite; le Duc par la gauclie.

MONTALAIS, resté dans un coin du théâtre La première entrevue a eu lieu. La jeune personne flotte dans une indécision où, je crois, le cœur est pour beaucoup; le duc ne s'en est pas mal tiré: dans quelques minutes le contrat sera signé. Allons surveiller monsieur le docteur

Il sort.

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