SCÈNE I
FIDELÎNE, PHOSPHORÏEL.
Fideline est endormie sur le canapé. Phosphoriel est debout derrière elle.
PHOSPHORÏEL.
Air fie l'oiseau bleu.
Le sommeil ferme sa paupière.
In repos doux et salutaire Arrachant son ame à la terre, La porte aux pieds de l'éternel.
FIDELISE, rta'a?*?.
Phosphoriel... Thosphoriel.
PHOSPHORÏEL.
Anges du ciel, ■Venez dissiper son effroi ; Met frères y^WUi ayec moi.
FiDEiOE, rêvant toujoxirs.
Au secours I... Protégez-moi contre • monstre! Mon père! Ah!
Même air.
Grand Dieu ! quel souvenir l'agite, De frayeur son ame palpite; Gentils lut ns, accourez vite, Dissiper ce songe cruel.
A cet instant, des accords de harpe se font entendre. — canapé se change en un bosquet et des roses viennent balancer sur la tête de Fideline.
FIDÉLIWE.
Phosphoriel ! Phosphoriel !
hk FILLE DU CIEL.
PHOSPHORIEt.
Anges du ciel, Venez dssiper son effroi ; Mes frères, ■veillez ayec moi,
FIDELISE, rêvant toujours.
Qu'entends- je ? Q(iels célestes accords viennent charmer mes oreilles?
PHOSPUORIEt.
0 mes frères... merci.
FiDErir«iE, rêvant toujours.
Quel est en fzenie qui m'apparait et me rend à la liberté? C'est lui... C'est Tonio.
PHOSPUORIEL.
Elle a prononcé mon nom.
FiDELiivE, rêvant encore. Tonio! mon frère!... Ne t'éioignepasi...
Mais non... non... ce n'est pas toi!... Oh! dis-moi que tu n'es pas Tonio.... dis-moi que tu es immortel, que tu es le bon ange que ma mère m'a envoyé.
PHosPHORiEL, s'oubliant.
Fideline! ma Fideline !
Ici la musique céleste cesse et termine par l'air du prologue. —Lé canapé reprend sa première forme.
FIDELISE; se réveillant.
Ahl
PHOSPHORIEL.
Malheureux! qu'ai lais-je faire?
FIDEIIHE.
Où suis-je?
PHOSPHORIEL, s'avançant.
Auprès de moi , de votre frère^l
FIDELIIVE.
Tonio I sous ces habits?
PHOSPHORIEL.
Sans doute... D'où peut venir votre étonnement? Ces habits sont ceux que je dois porter.
FIDELIIVE.
Tu n'es donc pas Phosphoriel ?
PHOSPHORIEL.
En vérité, ma petite sœur :je commence à croire que vous avez rêvé.
FIDELi:XE.
Oh! oui... j'ai fait un rêve alTreux... II me semblait qu'un monstre venait m'arracher des bras de mon père et que m'entrainant dans les entrailles de la terre, il me forçeit à devenir sa fiancée.
PHOSPÎIOIUEL.
Pauvre sœur !
FIDELi:iiE.
Air de Caslilbeza (Monpou).
Ce monstre affreux soudain Ters moi s'avance.
Je veux le fuir;
Malgré mes cris, il ''se eu sa puissauce
IMe retenir.
Dans sa fureur il mensçait ma Tie;
Lorsqu'entio nous
Je "ïis paraitro un ango, un boa génie,
Et c'était vous!
Oui c'était vous.
jMi>:ic ai.-.
J't'^lends alors d'une harpe lointaine
Les doux concerts.
Tuis sur son aiie un bon ange m'eutraine
Au sein des airs.
Son front couvrait d'sae vire lumières
L'aznr du ciel :
£t ce bon ange, il se nommait, moQ frète*
Phosphoriel.
PHOSPHORIEL, à part.
Que ne puis-je dissiper son erreur,
FIDELOE.
Et pourtant j'ai peine à croire que c'est un rêve, je crois encore voir ce monstre... Je crois toujours voir Phosphoriel.
PHOSPHORIEL, à part avec émotion.
Que dit-elle?
FIDELISE, regardant son costume.
II me semble me rappeler encore... Ahl ce costume de mariée.
PHOSPHORIEL.
Cela seul est une réalité.
FinELIIVE.
En effet , je me souviens que mon père m'a fiancée.
PHOSPHORIEL.
A cet imbécile de Jobardinès.
FIDELISE.
OÙ sont donc nos parens, nos amis?... Il me semble qu'ils étaient réunis ponr la signature du contrat.
Ils ne tarderont pas sans doute à reparaître [ave dépit]. Vous êtes si empressée de conclure cette union.
riDELi:\E.
Je dois obéir aux volontés de mon père. {Pleurant). Ohl Mais si vous saviez... je suis bien malheureuse.
PHOSPHORIEL.
Fideline!
FIDELINE, à part.
Sortons, car je me trahirais, {naut avec effort]. Adieu Tonio.
PHOSPHORIEL.
Adieu, ma sœur!
FIDELIIVE, à part.
Phosphoriel, mon bon petit génie, ne viendras-tu pas à mon secours.
PHOSPHORIEL, à part.
Et ne pouvoir exaucer ses vœux.
ENSEMBLE. .4 part.
Air : Le bonheur (roi d'VTCtot).
C'en est fait, pour mon cœur Il n'est plus d'espérance ; TJne telle alliance Doit faire mon malheur.
Fidélise entre à droits