SCÈNE III
PHOSPHORIEL, STÉNO, JOBAROINES.
Pboipboriel allant s'asseoir à droite. Sténo et Jobardiaès entrent par le fond.
JOBARDi:<iÈS.
Maître Sténo , je vous en conjure ^ écoutezmoi.
STB?IO.
Je ne veux rien entendre... Je te répète que les obstacles qui sont venus s'opposer à ton mariage ne peuvent rien changer à tes intentions.
JOBARDIItÈS.
Mais puisque je vous dis que j'ai promis à Margoton de l'épouser.
STÉNO
Eh! bien , tu te dédieras.
JOBARDII^ÈS.
Mais songez donc que cette grosse enfant dessèche d'amour, que je l'ai fascinée... Qu'elle compte me posséder... Même que la malheureuse s'est déjà parée d'un bou.iuet nuptial qu'elle a acheté d'occasiotu
STÉNO
Encore une fois je te dis que tu aiîP.rs troji Fideline pour y renoncer.
JOBARDISES.
Bahl vous croyez que...
STÉNO
Tu l'adores plus que jamais.
jrOBARDINÈS.
Au fait, il a peut-être raison.
PHOsPHORiEï', à part.
Il va céder.
JOBARDINÈS.
Mais si Margoton me dégrade la figure?
Dt] GIBL.
STÉItO.
Q'importe!... est-ce qu'un millionnaire doit épouser une servan'e ?...
JOBARDINÈS.
Je suis prêt à rougir de cette mésalliance; mais elle ne m'effraie pas, tandis qu'en épousant votre fille je ne suis pas très-rassuré...
STÉNO
Comment?
JOBARDINÈS.
Ecoutez donc... il nous est déjà arrivé
tant d'avaries des arbres qui (// fait le
geste d'un soufflet) Des monstres vert-pomme; un diable garance, des marmottes, le ciel , l'enfer, etc.
STÉNO
Oui, c'est singulier, le songe que tu as fait, je l"ai fait moi-même; tout ce que tu as vu, cette nuit j'ai cru le voir... Mais le jour est venu dissiper mes visions , et Dieu merci , je ne crois plus à des chimères.
JOBARDINÈS,
Chimères tant qu'il vous plaira; mais il me semble que ma joue est encore toute chaude du soufflet que m'a donné l'arbre, et quand je pense au royaume des taupes mes yeux se ferment malgré moi.
STÉNO
Chansons, te dis-je : d'ailleurs il no s'agit maintenant que du mariage de ma fille, je veux que tu l'épouses et tu l'épou sera» morbleu.
JOBARDINÈS.
Il y tient.
PHOSPHORIEL.
Comment empêcher cet hymen de s'accomplir.
STÉNO
Ainsi c'est décidé... je vais] chercher Fideline; car nos parens sont réunis et on n'attend plus que la mariée.