‹ Magasin théâtralChapitre 1703 sur 1711 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PHOSPHORIEL, FIDELINE.

PHOSPHORIEL.

Enfin nous voila seuls... libres dans notre petit ménage. .. êtes-vous contente, Fidéline,

FIDELINE.

Oui, monsieur Tonio.

PHOSPHORIEL.

Monsieur... Est-ce qu'on appelle son mari monsieur ?

FIDELINE.

Ah ! c'est que maintenant que tout le monde est parti... il me semble.

PHOSPHORIEL.

Que vous m'aimez moins, Fidéline?

FIDELINE.

Oh! non... non Tonio. Mais ce têle-à-tête... seule avec un jeune homme, et la nuit encore. . .

PHOSPHORIEL, à part.

Pauvre petite- [haul). Mais quand ce jeune homme est un mari qui nous aime, qui nous chérit.

Voilà justement ce qui me fait trembler.

PHOSPHORIEL,

Et pourquoi donc?

tA PILLE DV CIEL.

Air : Ce que j'épronve en vous voyant. Ah ! si j'étais votre amoureux, Je comprendrais votre frayeur eiilréraB Quand je vous dirais : je vous aime, "Vou» devriez baisser les yeux.

Mais un mari...

ÏIDEL1I>E.

C'est bien plus dangereux.

Quand d'un amant l'audace est par trop grande, Pour se débarrasser de lui, On le chasse et tout est Rni; Mais un mari quand il demande A toujours le droit d'. tre obéi (bis). PHOSPHORIEL,

Allons, rassurez-vous, Fidejine, je serai bien sage.

FIDELINE.

Bien vrai.

PHOSHHORIEL.

Je le jure pour ce baiser.

11 l'embrasse.

FIDELINE.

Méchant, ne pouviez-vous jurer par autre chose.

PHosPHORiEL, l'embrassant encore.

Calmez-vous, je vais le remettre où je l'ai pris.

FIDELISE, souriant.

C'est vrai, c'est bien la même place.

PHOSPHORIEL.

Tu souris... Allons je le vois, tu n'es plus fâchée.

FIDELISE.

Tu n'es plus, il me tutoie. Monsieur Tonio respectez votre femme.

PHOSPHORIEL, avec feu.

Oh non !.. elle est trop jolie pour çà ; mais l'aimer, la chérir, la défendre...

FIDELIIVE,

Voulez- VOUS bien finir, monsieur.

PHOSPHORIEL.

Si quelqu'un doit te respecter, ce sont nos enfans, les jolis eufans que nous aurons. FiDELiivE, baissant les yeux.

Ah! vouscroyez.

PHOSPHORIEL.

Certainement... A propos, dis donc, ma petite Fidéline, ne trouves-tu pas qu'il se fait tard ?

FIDELINE.

Mais non, Monsieur, mais non.

Il doit être au moins une heure du matin...

FIDELINE.

Une heure !

PHOSPHORIEL.

Il me semble avoir entendu tout-à-l'heure l'horloge de la paroisse...

FIDELISE.

L'horloge de la paroisse avance...

PHOSPHORIEL.

Tu es sûre...

FIDELINE, chastement.

Ah ! mon Dieu, est-ce que vous avez déjà envie de dormir.

PHOSPHORIEL.

Dormir! oh que non.

FIDELINE.

Eh! bien, alors...

PHOSPHORIEL.

C'est pour toi que je parle... celte journée de fatigues...

FIDELINE.

Je ne suis pas faticiiiée.

PHOSPHORIEL.

Cette riche toilette qui semble te gêner...

Elle ne me gêne pas du tout.

PHOSPHORIEL.

Vois-tu, à ta place, Fidéline.

Air de la Bergère châtelaine.

Moi, j'ôterais ce!te couronne Pour mettre ce joli bonnet.

FIDELINE, obéissant.

Je vous obéis... suis-je bonne !

voyons êles-vous satisfait?

PHOSPHORIEL.

Puis j'ôterais celte ceinture Gênante, inutile parure.

FIDELINE, étant la ceinture.

D'accord, mais retenez-le bieu, Désormais je n'ôte plus rien.

2e COUPLET.

PHOSPHORIEL.

A la fin tout fatigue et pèse.

Oui, touljusquesà ce tissu.

Et pour être plus à mon aise, J'ôterais encor ce fichu.

FIDELINE.

Y pensez-Tous.

PHOSPHORIEL.

Il se soulève.

FIDELINE.

Mais finissez donc. •

PHOSPHORIEL.

Je l'enlève.

Vous l'avez pris, ce n'est pas bien. Du moins ne m'enlevez plus rien.

Fidéline! je VOUS en conjure.

FIDELINE, entrant dans l'alcôve.

Laissez-moi, Monsieur, je vous défends de me suivre.

PHOSPHORIEL.

Ah! je brave la défense.

11 va pour se précipiter sur les pas de Fidéline. Le fond dn théâtre change et à la place de l'alcôve est un mur devant lequel se trouve Rocaillon.

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