SCÈNE L
STENO, JOBARDINES, PHOSPHORIEL
FIDELINE, MARGOTON, Amis, Parens.
Phospboriel sous son costume de Tonio. Fidcifne et Margotonsont en costume de mariées.
Au lever du rideau une grande table trarcrie tont le théâtre. Sténo est au niilici, a sa droite est Fideline, à sa gauche ) Margoton , toutes les deui en mariées aTcr le bouquet de fleur d'orançe. A côté de Fideline est Pliosiihoricl également en marié, avec un ruban à sa boutonnière, et à côté de Maigoton , Jobardiiics en grand co.'<urae et portant un énorme bouquet. On est à la /in du souper,
CHOEUR
Air de la Société des Lapins.
Célébrons ce double mariage, Aujourd'hui li l'hymen les engage Le bonheur deviendra leur partage.
Chantons tous, Fétous tous Le» époux.
STÉNO
Nous sommes au dessert, que la gaitfe' soit folle, 11 faut aux mariés chanter quelques couplets.
MARGOTON
Chantez, je le veux bien, mais pas de gaudriole.
STÉNO
Eh bien ! qui chantera ?
joBARDiNÈs, se hvant.
C'o^t moi, Jobardinès.
CHOEUR
Ecoutons, c'est une chaïuonnelte, JSous dcTOiis l'airoser de piqu?lle.
En chœur le refraiu se répile :
Ecotitons, (bisj Lt chantons.
JOBARDINÈS.
Air:
Ah ! Margoton, ma jouyancelle, Qu«ad JQ l'épguie Dqb cœur bat-
FIDELINE M'ie Cécile D'Ascocrt
MARGOTON Elkonobb.
Pakbns, Amis.
TOUS
Bah ! bah ! bah ! bah 1 bah ! bah ! bah ! JOBARDINÈS.
SouTenl de nous rester fidèle, La femme qui nous fait serment TOI S.
Ment, ment, ment, ment, ment, ment, ment. JOBARDINÈS.
Mais lorsque femme a tant de grâce, Ce qu'on ressent n'a pas de nom.
TOUS
Non, non, non, non, non, non, non.
El la crainte bientôt s'elTace, Ke pcnsez-Tous pas tous ainsi?
Si, si, (i. si, si, si, si.
JOBARDINÈS.
Parlez, qui voudrait à ma plaça, Passer lu nuit à ses genoux?
TOUS
Nous, nous, nous, nous, nous, nous, nous. 2» COUPLET.
JOBARDINÈS.
Margoton est pauvre mais sage, Etje lui lionne tout mou bien.
TOUS
Bien, bien, bien, bien, bien, bien.
JOBARDINÈS.
Je ne crains pas dans mon ménage (Qu'elle ne me fasse coup sur coup.
TOUS
Cou, cou, cou, cou, cou, cou, cou.
JOBARDINÈS.
A minuit en jo>eiix compère Lorsquayaut bien b:i nous serous TOUS.
Ronds, ronds , roi:ds, ronds, ronds, ronds, JOBARDINÈS.
J'emmènerai ma ménagère.
Vous saYe2 $«ui doute pourquoi.
LA FILLE DC CIEL
Si
TOtS.
Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi, quoi, quoi. JOBARDISES.
Quoi, diles-Tous, mais c'est pour faire, Qutnd j'aurai tiré le ridcnu, Do, do, do, do, do, do, do.
Bravo, bravo.
Tout le monde se lève. Les amis et Ic-f parens rangent les tahlf».
MARGOTOJt,
Je vous conseille d'applaudir c'est une jolie chanson. Monsieur Jobardinès je vous prie de vous rappeler que nous ne sommes plus dans le royaume des taupes. . . Prenez exemple sur Monsieur Tonio. . . Voyez, comme il regarde sa future. . . II ne parle pas de faire do do, lui.
PHOSPHOKIEt.
Ah 1 je suis si heureux ! si étonné de mon bonheur, je crois encore que c'est un rêve.
STÉKO.
Non pas, garçon. . . Si jamais quelqu'un mérita l'amour de ma Fidéline, certes c'est toi... Je n'oublirai pas que cette nuit... Mais aussi qui diable avait pu la conduire dans ce cimetière.
FlDELIItE.
Oh! ne m'interrogez pas, mon père. Depuis quelques jours tout ce qui m'arrive est tellement extraordinaire, je n'ose rassembler mes idées, mes souvenirs m'épouvantent. . . Il y a des instans où je crois devenir folle •
PHOSPRORIEL.
Pauvre Fidéline!
STÉitO.
Ce qu'il y ade certain, c'est que voilà trois fois que Tonio te sauve la vie et que sans lui tu restais dans le cimetière, où cet imbécile de Jobardinès. . .
JOBARDIIVÈS.
Ah! beau-père, je vous prie de ne pas m'humilier.
STÉNO
C'est lui qui, par ses frayeurs nous a sans doute fait perdre tes traces...
JOBARDIIVÈS.
Mes frayeurs, vous les comprendriez mes frayeurs , si tant seulement vous aviez pu voir mon oncle, ou mon cousin, oii peut-être une de mes tantes. . .
STÉNO
Mais pourquoi no m'aviez-vous jamais parlé de votre amour. . . Certe, j'aime l'argent, et la fortune de Jobardinès le rendait , à mes yeux, un fort bon parti... mais ce n'est pas à la fortune que j'aurais sacrifié le bonheur de ma fille... Je vois encore ce pauvre Tonio, lorsqu'il te ramena mourante, évanouie. Il pleurait... sauvez-la, nouscria-l-ii, sauvezla, car je l'aime, car elle ni'aimo aussi et si VOLS la laissez mourir... je ne lui survivrai pas... Heureusement, le tabellion nous attendait depuis la veille^ si bien, qu'au lieu d'un contrat...
MARGOTON
Nous en avons (ait deux.
JOBARDINÈS.
Et l'on m'a enfin éclairé sur mes véritables sentimens, il a été décide à la majorité de six boules blanches, que j'étais amoureux de Margoton, et je me suis marié sur la foi des six boules.
MARGOTON, Itii tapcifit sur les joues.
Et vous avez bien fait, mon gros trésor... mon petit bijou.
JOBARDINÈS.
Margoton , ne vous réjouissez pas... je no vous appartiens encore qu'imparfaitement.
Air de Mme Favart, Ah ! malgré moi je tremble au fond de Pâme
Quand je pense que celle nuit Le diable encor peut enlever ma femme,
Et l'enieTer avant minuit.
Depuis huit jours, je vois, pour mon martyre La fleur d'orange embellir tos appas, Et le destin semble toi-.jours me dire
Regardez et ne louchez pas.
On entend minuit sonner.
STÉNO
Diable, nous sommes restés longtemps à tables... minuit... Allons Jobardinès, donne le bras à ta femme et nous, les amis, laissons la place aux nouveaux niariés.
FIDELINE.
Me laisser seule avec lui, je tremble.
PHOSPHORIEL.
Rester seul avec elle... ô bonheur 1
CHOEUR
Air du Pré-aux-Clercs.
Partons voici l'heure Pour combler leurs tœux.
Dans celle demeure Laissons-les tous deux.
Tous sortent excepté Phosporiel et Fidéline.