DUVAL, MARIE
MARIE
Joseph, vous avez tout entendu?
DUVAL
Oui, tout; et vous disiez vrai, Marie, cet homme creuse sous vos pas un abîme dans lequel vous poussera la misère de votre famille.
MARIE
Non , tout n'est pas perdu encore ! Duval,
je serai toujours digne de vous ; car vous ne
m'abandonnerez pas, et vous soutiendrez mon
courage. A chaque nouveau malheur qui viendra
c®s nous frapper, c'est près de vous, mon ami, c'est
LES GARCONfi DÉ FiECÉTTE.
dans vos l)ras qiio jo (liorchorat un rornofo con-«®» irc leurs lannos, coiUro iiioi-iiK-nio ! oi puis, il reste encore des chances de salut: uioii oncle le disait tout à l'heure, le soit peut sauver Dominique, et on lui donnera du temps, à lui, liour payer ces douze cents francs qu'on lui vole.
DUVAL
Et vous, Marie, qui vous sauvera?
MARIE
Moi!
DLVAL.
Mais vous ne songez donc plus à ce qu'a fait pour vous l'hypocrite sénérosilé do cet homme? vous ne songez plus, Marie, qu'il peut à chaque instant vous aborder avec un sourire de bienveillance et de protection sur les lèvres, si vous vous montrez humble et reconnaissante, ou avec un air de dédain et île raillerie insolente , si vous le repoussez ?
MARir:.
Comment! il oserait me ieprochcr ?..
DUVAL
Il le peut, Marie; il a payé ce droit, ri, si vous voulez vous éloigner de lui, il vous retiendra de force par cette robe qu'il no crain(h-a j)as de froisser; car il l'a payée !.. Mais il faut lui rendre cet argent, à cet homme... fût-ce au prix de mon sang, de. ma vie... je ne sais pas coiuiHcnt, mais il le faut, il le faut.
MARIE
Oh ! oui, sauvez-moi, mon ami, sauvez-moi!