‹ Magasin théâtralChapitre 180 sur 1711 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les MiiMES, FAGEROLLES, Deuv Hommes.

TOUS

FageroUes!..

DUVAL

Vn nouveau malheur, sans doute.

LES GARÇONS DE RECETTE

MOULINET, à part. "^

Encore ! Ça peut devenir contagieux , je lile.

(Il sort.)

TAGEROLLES.

Vous m'avez dit , M. Marignon, que vous étiez en mesure d'acquitter cet eflet de douze cents francs, et je viens en toucher le montant.

LOUISE

0 mon Dieu!..

MARIGNON.

Ah ! lu savais, ce matin , le coup qui devait me frapper... et j'aurais dû le deviner à tes paroles railleuses dont je me souviens en ce moment.

FAGEPiOLLES.

Ce matin , je savais qu'un débiteur a la voix bien haute le jour d'un paiement et le ton bien humble le jour de la saisie... et c'est pour opérer une saisie, dans le cas où vous refuseriez de payer, que je me suis fait accompagner par ces î\Iessieurs.

DUVAL

Une saisie !

DOMINIQUE , se plaçant devant la porte de la cliaml)re.

Ici , en présence de ma mère ! non , non , vous ne le ferez pas.

l-AGEROLLES.

Oseriez-vous résister à la loi?.. Il faut que nous voyions, que nous estimions tout par nousmêmes.

LOUISE

Malheureux enfant ! que vas-tu faire ?

DOMINIQUE, à Marignon.

Eh quoi ! mou père, vous souffrirez que ces misérables portent les mains sur ce qui a appartenu à votre femme, qu'ils souillent sa chambre de leur présence!., (a Fagerolles.) Et moije te dis, Fagerolles, que tu n'entreras pas, que tu ne verras rien... et si lu avances d'un pas...

MARIGNON.

Arrête!.. Mon fils, tes menaces sont inutiles, car cet homme manquera de courage pour te répondre ; un misérable tremble toujours devant un honnête homme, un fripon est toujours un lâche !

FAGEROLLES

Monsieur !..

(Les deux hommes se rapprochent de lui , en même temps que Marignon et Duvalde Dominique.)

LOUISE , s'élançant entre eux.

Messieurs, entrez si bon vous semble, et faites votre devoir. (A Dominique.) Mon fils, tu as tort de redouter pour moi la présence de ces Messieius... c'est un malheur, sans doute , qu'une saisie faite chez nous... mais, que m'importe que ces hommes prennent tout ce qui se trouve ici , maintenant que je sais que tu me reste!..

FAGEROLLES

Si vous avez le moyen de faire d'exempter votre fils , M. Marignon , il vaudrait mieux peutêtre acquitter cet effet ; il y a de l'honneur à être soldat, iln'y a que delà honte à ne pas payer une dette.

MARIGNON,

Que vous importe ! c®?

La fuite de Dermons nous a tout enlevé. Messieurs, et le hasard seul pouvait sauver mon fils.

FAGEROLLES

Mais le tirage, auquel j'assistais, lui a fait échoir le numéro...

DUVAL

Silence ! Monsieur.

LOUISE

Achevez... lequel?., (a part.) M'aurait-on trompée ?

FAGEROLLES

Je l'ai déploré pour vous; mais c'est le numéro 5 que votre fils...

DOMINIQUE

Malheureux...

LOUISE

Que dites-vous?

MARIGNON.

Silence , infâme ! tu es ici pour nous dépouiller, et non pour assassiner.

LOUISE

Ainsi , on m'avait abusée... et toi aussi , Dominique, perdu... perdu pom- moi... Oh! j'en mourrai , j'en mourrai !..

(Elle tombe dans un fauteuil.)

Ma mère, reprends courage... peut-être...

LOUISE

Oh ! pas de consolations, elles n'arriveraient pas jusqu'à mon cœur... Mais aussi, mon ami , pas de désespoir, pas de larmes! moi , je vivrai jusqu'à ce qu'on vienne m'arracher mon enfant!., toi, Marignon, tu seras fort jusqu'à ce que tu aies accompli tout entière ta tâche d'honnête homme... C'est l'heure de la recette, Marignon, ton devoir t'appelle... Messieurs, faites votre métier, nous sommes prêts.

(Marie et Duval se sont rapprocliés Tun de l'autre.) MARIE.

Que de malheurs!..

DUVAL , lui prenant la main.

Et pas un espoir !

MARIGNON.

Oui, il faut que je te quitte; Marie, mes enfans, je vous la confie... ce n'est plus l'instant de songer à nous... je vais faire quelques courses dans le quartier. Louise, dans quelques instans je serai de retour. Adieu... adieu.

e«s«i«)8®®o©e9s©sffls«)o«>s«>8®E©ffl«)©®o«)»o8«seeo«ie8«)«e«««>«*9©so»©

Page 1