ACTE II, SCÈNE IX
qu'imporle nos aulrer, mulhcnrs , tout le <^ vous craijîiiioz de le perdre, j'aurais dit au cons-
ci'...
reste est juste, tout le reste est bien , mou lil est sauvé!.. Oh! tenez, je me sens mieux, je ne soullre plus, mes forces reviennent... mon fils est sauvé ! (Elle l'embrasse. )
MOULINET
Lui, il a amené le beau numéro... (Regardant le chapeau de Dominique.) Tiens!.. (11 ôlc le sien et le regarde.) Ah ça!..
Di'VAL , s'approcliant de lui.
Silence, malheureux.
MOVLINET.
Quoi donc? mais c'est qu'il a...
MAmr.NO.v, de l'autre côté.
Tu ne voudrais pas la tuer! n'est-ce pas?
MOULINET
La tuer... jamais de sa vie.
DOMINIQUE
Mais expliquez-moi, ma bonne mère...
LOUISE
Tu ne sais donc pas que le banquier Dermons a pris la fuite avec l'argent que nous lui avions remis pour ton assurance, et si tu n'avais pas été favorisé par le sort , lu aurais été obligé de partir.
Le banquier Dermons... lui!., oh! c'est un aflVeux malheur !
MOULINET
Dermons!.. mais c'était mon assureur aussi , ù moi.
MAniGXON, bas à Moulinet.
Tu comprends donc, alors...
MOULINET, de même.
La crémisettc de nos numéros ! Oui, père IWarignon , vous ne pouvez pas conter la para- I)ole à la pauvre vieille, et vous vouli-z lui faire croire... sufiit.
DOMINIQUE
Ma mère, si cependant le sort...
MAr.lGNON, bas à Doininiquc.
Il faut la tromper, à tout prix.
LOUISE
Maintenant que le danger est passé, oublionsle, mes amis, car je fiémis rien que de |)onser... (ADominique.) Mon Dominique! mon lils chéri! ton père disait vrai , pour nous les larmes, pour toi le bonheur. Dieu nous a entendus.
MAr.lE, à part.
PauvTe femme !
MOULINET, s'approcliant.
Eh bien ! et moi. M"' Marignon! vous ne me dites rien, à moi qui vais partir... 3'ai pourtant une vieille mère aussi , moi , et à qui j'apporte de temps en temps quelques secours pris sur mon travail.
Je plains sincèrement votre mère, M. Moulinet, et je voudrais pouvoir...
MAP.IGNON , à part.
Elle va tout découvrir. (Bas à Moulinct.j Taistoi donc.
MOULINET, parlant plus haut.
Eh bien! si le sort eût voulu (ce qu'il n'a pas voulu) que ce fût Dominique qui fût soldat et moi qui fusse pékin, rien qu'à voir combien vous aùnez votre fils et combien il vous aime , rien qu'à voir votre dôsospoii' à tous lorsque c^
crit susnommé : « Voyons, mon garçon , il paraît que les grands parens ne veulent pas le lâcher ; si tu pars, ils se livreront à un chagrin indéterminé ; eh bien ! les amis ne sont pas des Turcs... il y a du cœur là-dessous, vois-tu... depuis long-temps, la mère ^loulinet désire entrer à la Vieillesse, voilà une bonni) occasion pour moi de la rendre heureuse... trouve-moi seulement cinq cents francs, et je pars pour toi ! «
DUVAL
Pour Dominique ?
MAIUGNOX.
Pour mon fils?
DOMINIQUE
Comment, tu aurais fait cela?
MOULINET
Cinq cents francs, ce n'est pas ctier un homme au grand complet ! Je crois, sans me tlatter , que, vue prise du physique, on mettrait un chiffon de mille de plus, sans trouver aussi bien. LOUISE , souriant.
Brave jeune honnne! et cependant, dans un cas pareil , nous ne poui rions profiler de vos boniies intentions... Où trouverions-no ils cinq cents francs, nous qui sommes ruinés ?
MOULINET
Aussi, n'est-ce qu'une supposition. (Ras à nominique.) Songe à ce que je viens de dire, cinq cents francs et tu restes... mais il faut les trouver... ce soir même.
DOMINIQUE, bas.
Impossible !
MOULINET, de mémo.
Et la caisse commune des garçons de recette ?
JIAniGNON, de mC-me.
Nous y avons eu trop souvent rerours.
MOULINET, bas.
Et vos amis ?
DOMINIQUE, bas.
Nous n'en avons plus.
!\Î0ULINET.
Et votre cautionnement?
AIAUIGNON'.
Il appartient à un tiers, et d'ailleors, en disposant (le ce cautionnement je perdrais ma place.
DUVAL, à part.
Aucun moyen de les sauver î
MOULINET
Allons! il est temps que j'aille annoncer à la mère Moulinet le résultat.
(On entend un coup de sonnette.)
MARIGNON.
Oui peul venir ici dans un pareil moment ?
(1! \a ouvrir et se trouve face à-face avec Fagerollcs,
qui entre suivi de deux hommes.)